En garnison à Troyes

Georges va passer un mois à Troyes, en attente d’être envoyé au front. La guerre est loin pendant cette période. Quelques photos et les lettres au-dessous :

Le 24 septembre, une courte lettre annonce son arrivée à Troyes, avec des remarques sur le temps et les gens. Il doit aussi participer à une cérémonie religieuse pour les otages fusillés par les allemands, nombreux. Il fait froid. Il utilise pour la première fois un de ces papiers à lettre de récupération improbable.

Le 27 septembre, lettre pressée, redite de la précédente, le vaguemestre n’attend pas.

Le 28 septembre, un court message pour annoncer son départ pour Privas, où il pourra enfin enfin voir la famille.

Le 30 septembre, il écrit cette longue lettre pour parler de sa visite à la famille, à La Voulte, Vals et Privas. Il y est question de sa famille, mais aussi de la vie sur place, de la route, des résistants rencontrés, jeunes de 16 à 20 ans. C’est l’opinion d’un officier d’une armée régulière qui est donnée là et qui est étonnante.

Le 3 octobre, Georges est de retour à Troyes. Il revient sur son voyage, parle aussi de personnes rencontrées, de ceux qui s’engagent et en veulent, d’un autre qui parle mais ne veut prendre aucun risque, représentatif selon Georges de l’ambiance en France semble-t-il.

Le 5 octobre, Georges revient d’une virée en voiture près du front, sans dire pourquoi bien sûr (raison de service) mais décrit les Vosges, les routes entre Troyes et sa destination, du côté de Mirecourt ou d’Epinal.

Le 8 octobre, donne quelques nouvelles de la guerre. Son bataillon est dissout et va venir en renfort au front, en raison de lourdes pertes. On a aussi une idée des problèmes financiers que rencontre la famille à Safi.

Le 9 octobre, une lettre où Georges raconte un peu sa vie et se livre à des digressions sur l’état de la France, état politique et économiques. Cette fois il est question de sa Citroen 6 cylindres…

Le 11 octobre, c’est un courrier domestique, des colis, des informations pratiques. On y trouve une remarque sur le caractère « pas diplomatique » d’Yvonne, qui a écrit à l’administration militaire, lettre qui est redescendue par la voie hiérarchique à Georges.

Le 16 octobre, c’est l’histoire de deux pieds nickelés, Georges Blanchard et son ami Tim Clifford, qui se retrouvent, déjeunent ensemble et décident d’aller faire un tour à Paris. La pluie (l’alcool?) aidant, la voiture finit sous un camion. Hilarant.

Lettre du 18 octobre d’un convalescent. Peu d’informations, sinon qu’il fume des Camel et qu’il demande à son épouse si elle a repris « goût de fumer », auquel cas il enverrait quelques cartouches. Il parle aussi des deux ardéchois qui l’ont rejoint.

Le 20 octobre, Georges est toujours coincé par sa blessure, il ne pourra pas rencontrer Le Gal de Gaulle qui débarque à Troyes. Il évoque le futur, après la guerre, quitter Safi, pour une grande ville, la Côte d’Azur ou Privas. Et il compte gagner de l’argent !

Le 23 octobre, Georges retourne à Paris avec son ami Clifford. Où on apprend que la guerre, c’est surtout une succession de bons repas, la conduite de belles voitures, et l’attente, toujours, d’un départ pour le front.

Le 25 octobre, le départ se précise. Georges raconte une visite qu’il a fait à son ami américain, parle beaucoup de sa famille, donne des conseils. Il se plaint de l’hiver en France, réclame des chaussettes en laine, et insiste auprès de sa femme pour une installation sur la Côte d’Azur après la guerre.

Le 27 octobre, toujours dans les bagages, quelques remarques au sujet de son frère Lucien, et un repas d’adieu à la Préfecture. Georges a oublié d’embrasser la bague de l’évêque, et a mangé de la glace au chocolat. Toujours froid et pluie.

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1944 entre Alençon et Paris

Quelques photos, qui s’agrandissent au click, suivies des lettres.

Le 27 août, à 20km d’Alençon, Georges parle de sa famille, de ses jeunes recrues, de ses espoirs.

Le 31 août, courte lettre, signée Eugène, où il annonce le déplacement de son unité sans autre précision. Une remarque anodine, il était temps que les Alliés arrivent ici… Peut-être plus détails dans la lettre suivante.

Le 1er septembre Georges est à Paris. Il en parle un peu. Il annonce aussi qu’il prend le commandement d’une compagnie automobile.

Le 2 septembre, il parle de Paris, de la foule, mais aussi des difficultés d’approvisionnement, des dégâts dûs aux bombardements alliés sur les voies ferrées.

Le 5 septembre, il raconte sa vie à Paris, et commente les nouvelles de sa famille, et se réjouit de la libération prochaine de l’Ardèche (St-Etienne a été libérée !)

Le 8 septembre, il parle de son boulot, de ses virées à Paris, qu’il commence à connaître. On comprend aussi dans cette lettre d’où vient son goût pour les belles voitures, une Hotchkiss grand sport, rien que ça…

Le 9 septembre, Georges est en mission à Rouen, qui était, selon lui, une belle ville. Où l’on comprend que le Calvados, comme le whisky, aide à la fraternisation entre les officiers alliés.

Le 11 septembre, il est à Paris, a acheté des cadeaux pour sa femmes et ses gosses, parle de l’accueil des parisiens, des difficultés d’approvisionnement. Il a fait des photos, en particulier de sa jeep allemande. Il parle à nouveau de l’Ardèche.

Le 15 septembre, lettre de transition, il est fatigué, donne quelques impressions. Il doit partir en mission le lendemain pour la Normandie, retour le lundi, et annonce un prochain départ pour Troyes.

Le 17 septembre, lettre pour rassurer sa femme qui n’a pas eu de nouvelles depuis plus d’un mois. Il explique ce qu’il fait, ses états d’âme en quelque sorte et se montre rassurant. Il est à l’arrière pour assurer le soutien du front, malgré ses demandes, et en a pris son parti. La guerre sera bientôt finie pense-t-il.

Le 21, dernière lettre de Paris, il part pour Troyes demain. Il se rappelle que sa soeur ainée vit à Paris et qu’il ne l’a pas vue. Il évoque un repas pris dans une guinguette, mais aussi des soldats blessés à ses côtés.

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Août 44 en Normandie

Quelques photos prises en Normandie, et puis les lettres. Comme sur les autres pages, le nom du fichier contient les annotations au dos de la photo. Certaines sont croustillantes.

Le 1er aout, il est toujours en Angleterre, profite du moment pour cette longue lettre rassurante, où il décrit son installation, un lave-vaisselle militaire original et une soirée avec des officiers anglais, arrosée par deux bouteilles de whisky!

Le 4 aout, lettre écrite sur le bateau qui convoie son unité, avec d’autres unités américaine vers la France. Il y décrit les conditions de cette traversée.

Le 5 août, lettre écrite de France. Il y décrit longuement son arrivée et le pays qui l’entoure, l’accueil de la population, les dégâts, les morts, les prisonniers.

Le 8 août, assis sur une caisse au milieu d’un pré, il écrit tranquillement que le canon tonne autour de lui, qu’ils seront sans doute bombardés cette nuit, que tout autour de lui n’est que ruine, ponts, maisons, églises, cimetières. Les horreurs de la vraie guerre, mais aussi l’accueil chaleureux des français.

Le 11 aout, ces feuillets racontent son baptême du feu, près de Coutances, semble-t-il. Il y raconte son premier prisonnier, les premiers morts de sa compagnie, mais aussi son premier camembert, sa première andouille française. Et l’incertitude pour les jours à venir, les français qui viennent s’engager comme les paysans qui font la gueule. Ils vivent dans des tranchées sous le feu du canon.

Le 13 août, la situation s’améliore, Georges parle du matériel qui défile, des avions alliés qui passent au dessus, compare le tout à la débacle allemande. Pour le moment il reste sur place, équipe les volontaires, mais commence à en avoir marre du camping.

Le 16 aout, il raconte sa visite au Mont Saint-Michel, et décrit son rôle dans la guerre qui s’éloigne. Il est optimiste, ayant appris le débarquement en Provence. Il voit la guerre finie à Noël. Il y a cinq mois qu’il a vu sa famille pour la dernière fois.

Le 20 août, il revient sur leur 15e anniversaire de mariage, évoque un départ pour Alençon (le pays de la dentelle), la récupération du matériel abandonné par les allemands, et son souci d’avoir une voiture plutôt qu’une jeep. Il signe Eugène.

Le 24 aout, dernière lettre de Normandie, avec de bonnes nouvelles, la libération de Toulon, la prise de Paris, entre autre par la 2eDB, prise à laquelle il regrette de ne pas avoir participé, étant resté à l’arrière pour former et organiser les troupes. Il s’étend aussi sur le cidre, le vin de Loire et espère pouvoir se rendre à Privas.

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En Angleterre

Georges est parti en Angleterre après le 14 mai (sa dernière lettre en Afrique du Nord) et est arrivé avant le 4 juin en Angleterre. Je n’ai pas trouvé de lettre où il aurait raconté son voyage, soit qu’elle ait été perdue, soit que la censure l’ai bloquée. On peut se faire une idée de ce que fut ce voyage en lisant ce récit.

Juin 1944

Le 4 juin, on a un portrait des anglais, du paysage, et le récit d’une partie de tennis. Il demande à son épouse de lui envoyer un agenda pour qu’il puisse tenir un journal de sa guerre. Dommage qu’il ait disparu.

Le 6 juin, c’est une bouffée de patriotisme, avec l’ante du débarquement en Normandie, et celui de la chute de Rome. Sa division qui appartient à la 3e armée américaine est prévue pour partir prochainement au front.

Le 8 juin, Georges, avec la 2e DB, semble en vacances : shopping, tennis, la guerre ne transparait qu’à travers le rationnement.

Le 10 juin, l’armée continue de se préparer. Georges parle de ses fonctions, espère obtenir le commandement d’un escadron de réparation.

Deux courriers dans la même enveloppe, le 16 et le 17 juin, où il est surtout question de boulot et d’un double mixte dont Georges et sa partenaire ont gagné tous les sets. Il évoque aussi ses progrès en anglais (hum!)

Le 18 juin, une courte et curieuse lettre, pleine d’excuses, et signée André. Ils avaient des conventions pour communiquer, je pense que le choix des prénoms est significatif, Eugène pour le combat, mais André ?

Le 19 juin, il annonce sa mutation, ce qui ne le réjouit pas, vers un centre d’instruction, plus en rapport avec ses capacités, mais qui le renvoie sous la tente à une trentaine de kilomètres, dans un village où il n’y a pas de court de tennis. Comme quoi, les héros…

Le 20 juin, il évoque ses nouvelles fonctions, former et orienter les nouveaux rejoignant la division. Il présente les insignes qu’il envoie à ses filles et dont il sera question dans une autre lettre, insigne bleue avec la carte de France et La Croix de Lorraine.

Le 21 juin, Georges parle de la remise des écusson de la 2ème DB. Le sien porte le numéro 637, et il en est très fier.

Le 23 juin, Georges parle des officiers dont il partage la vie (popote, guitoune…), de son niveau d’anglais et aussi de sous, délégation de solde, virement… La vie ne devait pas être simple à Safi. Ah si, il a trouvé un petit terrain de tennis au village voisin !

Le 25 juin, il présente son escadron, 250 sous-officiers et soldats, essentiellement des Kabyles. Il est satisfait de son affectation, mais commence à tarder le départ pour la France, et surtout l’annonce de la naissance de Jean-François.

Cette lettre du 26 juin est intéressante à plus d’un titre. En trois parties, la première où il parle de sa femme et de leur entente mutuelle, la deuxième où il apparait que c’est Yvonne qui l’a poussé à s’engager dans l’armée de Leclerc, et la troisième où il imagine de façon comique l’après-guerre en famille. C’est Paulette qui trinquera, bien sûr.

Le 27 juin, des remarques sur des gens sur lesquels il ne faut pas compter, et ce pays qu’il trouvait si beau au début, et si froid au bout d’un mois. Yvonne lui a semble-t-il fait des reproches (jalousie) auxquels il répond.

Le 30 juin, il dit quelques mots sur un exercice nocturne et sur les magasins bien approvisionnés en Angleterre.

Le 1er juillet, c’est une longue lettre tranquille où Georges décrit sa vie dans un camp, du côté de Hull.

Le 3 juillet, il annonce que sa compagnie va recevoir du renfort. Il parle aussi de la naissance de Jean-François, dont il imagine l’arrivée à la maison.

Le 6 juillet, toujours beaucoup de travail, une nouvelle installation, dans un hébergement en dur cette fois.

Le 10 juillet, Georges décrit avec de nombreux détails son rôle dans ce camp, et décrit la ville anglaise voisine.

Le 14 juillet est doublement férié cette année, puisqu’il apprend par lettre la naissance de Jean-François. Il est manifestement heureux, fier, etc… et décrit sa journée de fête.

Le 16 juillet, il est encore dans la joie de la naissance de Jean-François, donne des conseils, mais raconte aussi des invitations dans des familles anglaises.

Le 17 juillet, toujours Jean-François, il y a aussi un passage sur Lulu, et on aimerait savoir ce qu’elle a pu écrire…

Le 19 juillet, un feuillet unique, beaucoup de travail et une allusion à un départ prochain, ainsi que des nouvelles de connaissances de mamie, sans doute.

Le 19 juillet, toujours consignés. On apprend au détour d’un paragraphe l’attentat contre Hitler, et Georges évoque des insignes que ses filles doivent porter fièrement, disant que les anglais aussi les portent.

Le 24 juillet, deux lettres le même jour, la première anecdotique, il y est question d’une scène de jalousie que lui aurait faite Yvonne. La seconde est codée. André s’en va rejoindre Eugène dans le sud… André, c’est lui, il a écrit il y a longtemps une lettre où il explique à Yvonne, avant leur mariage, ou juste après, qu’il porte trois prénoms, André pour la famille, Georges pour les amies, et Eugène quand il doit se battre. Je la mettrai en ligne ailleurs.

Le 27 juillet, lettre de transition, Georges est toujours dans ce beau pays où les femmes sont laides et les maisons toutes pareilles, en route pour…

Le 28 juillet, Georges raconte tout le bien qu’il pense des anglais, raconte son voyage en train, explique que c’est sa dernière lettre (une de plus !) d’Angleterre

Le 31 juillet, toujours en Angleterre, dans un bois. Le format du courrier est inhabituel, sans doute réglementaire avant un départ pour le front (la dernière lettre du condamné?)

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La 2e DB est au repos

Peu de photos pendant cette période.

Cette lettre du 4 avril dit le cafard lié à la fin de la permission, des deux côtés, et on voit toute la difficulté à parler de la guerre et des déplacements à cause de la censure.

Le 6 avril, on sent que quelque chose se prépare, car la division est toujours au repos à Chateauroux.

Où l’on apprend, le 7 avril, que Grand-Mamie (Yvonne Blanchard) était à l’aise avec l’électricité, mais aussi que les allemands, bien que las, s’entêtaient à résister.

Le 9 avril, le moral semble meilleur. Georges raconte une de ses virées en jeep, cette fois du côté de Champigny, dans la famille de ses amis les Bénai, et dans les ruines de Tours.

Le 10 avril, on a quelques informations sur les privations en France et au Maroc, et sur les prix des restaurants. La division est toujours au repos.

Le 12 avril, la situation est toujours la même, on apprend ce que contiennent les paquets qu’il envoie au Maroc, et sa détestation de la vie de garnison.

Curieux, ce courrier du 13 avril, jour où il apprend la mort de Roosevelt, mais où on a plus d’information sur la vie au Maroc, les indéfrisables , et même un projet, qui n’a pas été mené à bien, d’installation aux USA.

Le 15 avril, il parle des bombardiers alliés qui passent et repassent, de l’attente interminable dans cette ville de Châteauroux, et de sa citation.

Le 17 avril, il est question d’un départ pour le front en Allemagne mais commence aussi ses réflexions sur la fin de la guerre et son retour au Maroc, sa mutation.

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Fin de la guerre en Europe

Première lettre d’après guerre le 11 mai, il parle d’un lac, on le peut le voir torse nu en train de ramer sur une de ses photos de guerre. Il évoque également un camp de déportés, sans doute celui de Dachau, mais sans pouvoir y mettre de mots.

Le 13 mai, il commence à penser à sa démobilisation, parle de sa situation d’occupant, et surtout de sa famille. Il a manifestement hâte de rentrer chez lui.

Le 16 mai, il est en Autriche, fait un peu de tourisme du côte d’Innsbruck et du col du Brenner. C’est la paix.

Le 17 mai, il est surtout question du retour, mais aussi de l’Allemagne qu’il ne supporte plus, voir une anecdote concernant un officier allemand au verso de sa lettre.

Longue lettre de quatre feuillets le 19 mai, où il s’inquiète des événements en Afrique du Nord et demande à Yvonne de ne pas écouter les bobards concernant la 2e DB.

Le 20 mai, l’annonce qu’il a obtenu sa mutation pour le Maroc, qui le rapprochera de Safia, en attendant une éventuelle démobilisation.

Le 23 mai, c’est sa dernière lettre d’Allemagne. Il précise l’organisation de son retour au Maroc.

Le 30 mai, la division est en garnison sans doute dans la région de Chateauroux (évocation de Georges Sand). Évocation d’une cérémonie avec défilé, remise de médaille, Roquefort et Champagne.

Le 1er juin, Georges est à Marseille, en attente d’un bateau. Il n’a pas pu prendre l’avion, trop chargé en caisses qu’il était. Ça va être Noël au Maroc, mais la vie n’est pas simple pour les marseillais.

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Départ pour le front en Bavière

Des photos des tous derniers jours de la guerre et de missions (ou de balades) évoquées dans ces courriers, en Autriche et en Italie. On sent les hommes détendus.

La lettre du 19 avril, où il raconte à demi-mot ce qui se passe. Il part pour le pays de Tim, son ami américain, dont il a dit précédemment qu’il était de l’autre côté du Rhin, en Allemagne, d’où les nouvelles sont bonnes, malgré la résistance allemande.

Le 20 avril, c’est une courte lettre qui annonce son départ le lendemain à 6h pour vraisemblablement Nancy.

Le 21 avril, le départ est toujours retardé, par des problèmes de logistique. Il estime dans cette lettre que la guerre sera finie fin juin, pas avant. Superstition?

Le 23 avril, il est en route pour l’Alsace. Il donne des détail du trajet cette fois, et on peut le suivre précisément. Curieusement il écrit systématiquement pathelin au lien de patelin dans ses lettres.

Le 24 avril, une note courte, le nom de sa ville étape, Chateau-Salins, au NE de Nancy.

Ce 26 avril, il décrit encore la suite de son itinéraire, pour qu’Yvonne puisse le suivre sur une carte. Il donne ses impressions sur l’Alsace et les Alsaciens, et raconte quelques anecdotes sur les prisonniers français qu’il voit passer.

Deux lettres le 29 avril, une courte missive pour annoncer son entrée en Allemagne, une plus longue qui décrit le pays et la population.

Le 30 avril, il écrit sur du papier à en-tête d’une administration quelconque. Il y raconte toujours sa vision de l’Allemagne vaincue et même à distance, il gère en bon père de famille les études de ses filles.

Le 1er mai, il neige…

Le 2 mai, il raconte sa petite promenade dans « le pays où les hommes portent des chapeaux à plume et chantent des trucs très aigus », où comment évoquer la Bavière sans se faire censurer…

Le 4 mai, un message lapidaire pour évoquer la difficulté de la guerre mais aussi l’espoir de sa fin : « On y arrivera! »

Le 5 mai, il écrit du repaire d’Hitler, qu’il décrit longuement, ainsi que de ce qu’il y aura pris « en souvenir ».

Le 9 mai, une lettre très émouvante, la guerre vient de finir, et Georges expose son état d’esprit. Où il est également question d’une caisse de bouteilles de Champagne.

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En permission au Maroc

Des photos prises pendant sa permission d’abord..

Le 6 mars, c’est le début d’une série de lettres où il raconte ses déboires pour rentrer en France et retrouver sa division

Le 7 mars, il n’est pas parti. Pour rappel Elvire qui a bien rigolé, C’est la femme de son frère Lucien, pâtissier à Casablanca, qui l’héberge régulièrement.

Le 10 mars, il est finalement arrivé à Oran, en Algérie.

Le 11 mars, il est encore en route pour rentrer de permission. Il évoque ici les difficultés pour se déplacer entre le Maroc et la France encore en guerre, et sa détestation de la ville d’Oran.

Le 12 mars, il se prépare à embarquer. Beaucoup de potins dans ce courrier.

Le 12 mars, il est sur un bateau néerlandais, en route pour Marseille. Il raconte sur quatre feuillets la vie à bord.

Le 16 mars, il est à Paris et raconte son voyage, et sa journée parisienne.

Le 18 mars, la division Leclerc est au repos à Chateauroux. Il fait une description amusée de l’accueil fait par les autorités locales.

Le 19 mars il écrit une lettre qui est essentiellement pratique. On apprend que sa division changera de corps d’armée à la fin de son repos.

Le 21 mars, c’est encore un courrier domestique, où l’on a la confirmation, évoquée la veille, qu’il a bien demandé à retourner au Maroc.

Le 24 mars, encore une lettre « domestique » mais on comprend à demi-mot qu’il va retourner prochainement au combat (il signe « Georges, pas encore Eugène ») et évoque une citation qui lui sera proposée.

Le 27 mars, c’est une lettre où le talent d’écriture de Georges se déploie, il fait vivre le réveil de sa famille à Safi. Il évoque aussi une photo retrouvée (la place de l’Opéra) et parle d’un écrivain qui l’accompagne.

Le 28 mars où Georges dit et redit combien il souhaite revenir à la vie civile, insiste sur le fait qu’il n’a pas changé et parle de son rapport à ses soldats.

Le 30 mars, son unité étant toujours au repos à Chateauroux, il annonce une virée à Vals et Privas pendant le week-end de Pâques avec sa Jeep et son chauffeur qui restera dans sa famille à Clermont- Ferrand (cf. photos)

Le 2 avril, sur quatre feuillets, il fait un compte rendu de son voyage à travers la France, et des visites qu’il a effectuées à Vals et à Privas. Il parle du cousin d’Yvonne, déporté en 1944. La photo a été prise à Privas, la fille de Marguerite est assise sur la jeep de Georges.

Le 3 avril, cette lettre revient sur le séjour à Privas, les paysages traversés, et donne une idée des échanges de colis entre la France et le Maroc.

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Campagne d’Alsace

Des photos qui accompagnent sa guerre. On y visualise des éléments qu’il évoque dans ses lettres. On peut retrouver dans le nom du fichier (clique droit sur la photo) les indications portées au verso de la photo.

Le 1er janvier une lettre où il est essentiellement question de son bataillon qui part au repos, mais également qu’il change d’affectation. Il parle également d’argent, car sa solde a augmenté.

Le 4 janvier, Georges parle de sa nouvelle fonction et des difficultés qu’elle représente, et ses réflexions sur la guerre qui est loin d’être finie sont à relier avec la contre-offensive allemande dans les Ardennes de fin décembre 44 dont il ne peut bien sûr pas parler. On peut remarquer le nouveau papier à lettre qu’il utilise.

Le 7 janvier 1945, il vient d’être nommé officier de liaison auprès du commandement. Il est en Alsace et raconte ses condition de vie. Pour info, Mme Ruelle vient de Lorraine.

Le 8 janvier, toujours en Alsace, il raconte ses conditions de vie, la neige, les accidents. Guy est son chauffeur.

Le 10 janvier, il évoque, et ça reviendra souvent, sa demande de permission, mais aussi des événements qui ne sont pas brillants. La censure militaire l’empêche de détailler.

Le 12 janvier, toujours la neige, la permission, et Jean-François, qu’il ne connait pas sinon à travers des photos.

Le 15 janvier, il parle du paysage sous la neige, de son ami américain Tim Clifford, et des gens qui l’hébergent, « pas vraiment sympathiques », mais qui ont tué un cochon.

Un carte datée du 18 janvier, qui donne du contexte. Pas simple de trouver le temps d’écrire.

Le 21 janvier, Georges est à Obernai, il évoque la météo (30cm de neige) et sa chambre confortable (il y fait bon, le thermomètre n’y descend pas au dessous de 15°C). Il évoque sa fréquentation d’un journaliste, Pierre Bourdan, qui deviendra ministre de la culture après guerre, et curieusement se noiera en 1948 au large du Cap Nègre.

Le 24 janvier, il n’en dit pas grand chose, à cause de la censure, juste « la guerre est dure », et dit en fin de lettre que la jeep ne vaut pas une conduite intérieure.

Le 25 janvier, ce court message laconique.

Le 27 janvier, il se plaint du froid, de la circulation, de coucher ici et là, de voir de belles choses mais aussi de bien tristes, et toujours sa permission…

Le 28 janvier, ou comment on apprend qu’il a échappé de peu à la mort, lors d’une de ses virées quotidiennes entre l’état-major et le front.

Le 30 janvier, dernière lettre explicite, pas de courrier en février, et pour cause, Georges a obtenu sa permission pour l’Afrique du Nord, pendant que sa division était au repos à Chateauroux. Il quittera Safi le 5 mars.

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Sa correspondance

Georges a été mobilisé en 1939 dans la Légion Étrangère à Colomb-Béchar, puis il s’est engagé dans les forces françaises libres au Maroc. Il demandera ensuite à être versé dans la 2e DB, partira pour Oran, rejoindra l’Angleterre et débarquera en août en Normandie. Je mettrai à jour une chronologie de cette guerre quand elle sera complète.

Je pensais au départ ne publier que quelques lettres significatives, mais à les lire, elles forment un corpus passionnant, chacune apportant une pierre à l’histoire de cette guerre, et enrichit l’image que je pouvais avoir de mon grand-père. Cela en fait beaucoup, et j’ai décidé de les organiser en grands chapitres que je mets à jour au fur et à mesure que je les copie.

J’ai également ajouté quelques séries de lettres également conservée par ma grand-mère. Il a pu dire qu’il n’était pas écrivain, il a quand même beaucoup écrit, avec un style plutôt agréable à lire. On s’habitue à ses pattes de mouche…

Pour lire les lettres, cliquer sur l’image pour l’agrandir ou, après un click droit sur l’image, l’ouvrir dans en plein écran ou l’enregistrer.

Courriers isolés