Charles Miroux était mon arrière-grand-père, je ne l’ai pas connu.
Né en 1856 à Quimperlé, il épouse le 16 juillet 1884 Jeannie Mercy, de huit ans sa cadette. Ils auront quatre enfants, Charles, Eugène, ma grand-mère Blanche et Jeanne.
En février 1877, il s’engage pour cinq ans dans la Marine. Il reste d’abord en Bretagne (Lorient, Brest). En 1878 il est dans un bataillon de fusiliers et en 1881, il rejoint Toulon et embarque sur la Revanche. Il participe alors à la campagne de Tunisie, et à la prise de Sfax le 16 juillet 1881. Il en ramène une médaille commémorative.
Son registre matricule donne les différentes adresses qui suivront sa démobilisation, et qui confirment le texte de sa fille. Les villes sont à peu près lisibles, Lagos, Olhão (Portugal), ensuite Hôtel Français (Algarve) et enfin une domiciliation à Audierne par la mairie du 5 juin 1896.

Il a dirigé la conserverie Amieux de Saint-Guénolé de 1895 à 1923. Tout cela est raconté dans le récit d’Anne et Joseph Gallard. C’était un notable local. Conseiller municipal de 1900 à 1904, Premier adjoint de 1912 à 1919, il a été également Président du Comité de Sauvetage local de 1914 à 1920. On trouve sa signature sur des compte-rendus d’intervention de l’époque, comme ici.



Outre la direction de cette conserverie, il construira également un hôtel, l’hôtel du Phare d’Eckmul. Malheureusement, les occupants allemands y établirent leur Feldkommandantur en 1940. Les bâtiments sensibles, dont le phare sont minés par les forces d’occupation après le débarquement de Normandie. Lors de la débâcle, seul l’hôtel sera détruit. Dommage.



Mais le plus amusant est dans cette anecdote que j’ignorais. Il y avait chez les Bretons d’alors une forte propension à l’anticléricalisme, quand ils n’étaient pas calotins. J’ai trouvé une anecdote amusante. L’affaire est apportée par le recteur de Penmarc’h, François-Marie Le Coz qui nous raconte ce terrible fait divers, à travers ses Éphémérides de la Paroisse de Penmarc’h. :
28 juin 1905 — Madame Frökhen, femme de conduite scandaleuse, meurt dans de tristes circonstances sans que le prêtre soit appelé. C’est une pécheresse publique. Mr le Recteur refuse les honneurs d’une sépulture religieuse et l’immense majorité de la population l’applaudit.
29 juin — Profitant de l’absence du Clergé, occupé au Pardon de Saint-Pierre-Eckmühl, quelques meneurs font entrer le cadavre à l’église. Monseigneur l’Évêque ordonne des prières publiques pour réparer la profanation de l’Église.
Là où je m’amuse, c’est lorsque je lis les noms des meneurs : Lautrédou, instituteur ; Guiziou, ancien maire ; Poirier, maire ; Volant, courrier ; Toulemont, fils du maire de Loctudy ; Miroux, gérant de l’usine Amieux… et d’autres personnes de mœurs douteuses.
Pour résumer, cette dame, propriétaire d’une usine à Saint-Guénolé, a été assassinée par son amant ainsi que le raconte ces deux articles d’un journal local.
Pour l’anecdote, cette histoire se déroule en 1905, au moment de la séparation de l’Église et de l’État, et la chronique qu’en fait ce curé vaut son pesant de cacahuètes !













































































































