Roger a d’abord été scolarisé près de chez lui, à l’école publique de Sauzon, qui n’existe plus depuis longtemps. Il a passé son certificat d’étude au Palais, et a donc dû fréquenter le cours complémentaire (ou école primaire supérieure, comme on disait alors) du Palais jusqu’en 1935.





Collégien
Il a passé le reste de sa scolarité comme interne, d’abord à Quimperlé jusqu’en 1940, puis comme normalien à Pontivy d’octobre 1941 à juin 1942, à Lannion de novembre 1942 à juin 1943, à Vannes, au collège Jules Simon, d’octobre 1943 à juin 1944 et même à Angers jusqu’en février 1945. Sa mère avait gardé les lettres qu’il leur écrivait. Elles sont sans grand intérêt, la seule révélation qu’elles nous proposent étant la relation étonnante de mon père avec l’orthographe. Il y est surtout question de notes, de nourriture qui manque ou de vêtements, et de questions sur ce qu’il se passe à Belle Ile. La première partie de cette période n’a sans doute pas été la plus heureuse de sa vie.

Il rentrait à Belle-Ile à Noël et pour les vacances d’été, passait quelquefois des week-end chez sa tante Jeanne, à Baud. Voici quelques unes de ces lettres :



Un courrier de Quimperlé, quand il était encore au collège. Difficile à dater, 1937 ou 1938. Son orthographe est pour le moins fantaisiste.
Normalien
Il est reçu au concours d’entrée à l’École normale de Vannes, mais la guerre et l’occupation perturberont sa scolarité. Les bâtiments de l’EN sont transformés en Komandantur par les forces d’occupation et les normaliens, internes, passeront par le lycée de Pontivy, le Collège de Lannion et le collège Jules Simon de Vannes.






Le livret scolaire du bac, où l’on perçoit les changements d’établissement.




Son dernier bulletin trimestriel, à Jules Simon, avec une appréciation positive.





Un petit cartel qui décrit sa promotion de normalien et qui présente les membres qui la composent.


Une lettre que je situerai en hiver 42, typique de celles qu’il écrivait à l’époque, la bouffe, la santé, les nouvelles de la famille.


Une carte, signée par Charlot et Roger.




Celle-ci est datée de mars 1943, de Lannion. Elle est intéressante parce que Roger y évoque lesquels de ses « biens » il faudra sauver si l’usine est bombardée par les anglo-américains : son vélo, son matériel de pêche, ses revues Signal et Pierrot, et sa longue vue. Il y avait un postée DCA à côté chez eux. A noter qu’il y a une remarque politique ce qui est rarissime dans ces lettres.

En octobre 1943, il annonce son retour à Sauzon avec des information sur une épreuve, qui pourrait être le baccalauréat, soit décalé, soit rattrapage. Le bac comptait deux parties à l’époque.


Enfin, ce curieux message, daté de décembre 44, où il annonce avoir eu son bac, ce qui correspond aux dates du diplôme. Il est alors à l’école normale d’Angers. Les normaliens basés à Vannes ont dû être déplacés la-bas, à cause de l’offensive américaine en Bretagne. La réponse de ses parents, datée de mai 45, fait référence à son départ pour le service militaire je pense, à lier avec ses photos de guerre.

Pour compléter ces courriers, il y a cette série de cartes postales, datée de juillet 1945, envoyées de Dinar. Elles racontent ce qui doit être un dernier stage pour les normaliens, et on peut les rapprocher de toute une série de photos faites par Roger, dont une entre autre où il pose devant le Mont-Saint-Michel.














C’est le récit d’un séjour avec les copains, le dernier avant sa vie d’adulte.


Le 12 juillet, départ pour le Mt-St Michel. La photo illustre la tenue dont il parle dans les cartes postales, elle est d’époque.

Soldat


Le 27 août, il écrit de Brest, ville dans un état lamentable. Sans doute est-il sur le point d’être enrôlé dans l’armée pour faire son service militaire.


Le 8 septembre, il est déjà en attente d’une permission, basé à Saint-Brieuc.






En novembre 1945, il envoie une série de cartes postales où il décrit, à l’intention de ses parents, sa vie de soldat en Allemagne occupée.


Dernières nouvelles de l’armée. Je ne pense pas qu’il ait fait cette école d’officier de réserve à Coëtquidan. La carte est datée d’aout 1946. En septembre il est instituteur, à Belle-Ile, où il obtient son CAP d’instituteur. A noter, sur la carte, les jardins de la place de la République, qui n’existent plus, remplacés par le métro et les bus.
