Le dernier qui reste

Il s’appelle Jean Claude Blanchard, mais nous l’appellerons Claude, ainsi que le font la plupart des documents le concernant.

Quand son père Jean meurt dans l’incendie de sa maison, Claude n’a pas vingt ans. Sa date de naissance restera inconnue, elle fait partie des registres perdus de la Chapelle. On ne peut que l’estimer, quelques mois après le mariage de ses parents.

La solidarité de la vallée a dû jouer pour la famille Blanchard. En 1740, sept ans après le drame, le premier acte qui concerne Claude le donne comme habitant du Feougoux. Il se marie avec Anne Barrès, issue d’une famille de Chanéac, le six mars 1740. Un contrat de mariage a comme d’habitude été établi, qui constitue une dot pour son épouse.

Les dettes de son père ne sont cependant pas oubliées par les descendants du créancier de Jean, dont il est l’héritier, puisqu’il a récupéré le Feougoux. L’échéancier de remboursement de la dette n’a pas été tenu, et la justice, requise en mai, ordonne le règlement de cette dette. Claude doit encore 460 livres à Vincent Pizot.

En juin de la même année, un accord complexe intervient. Pierre Sahuc, mari de Clauda Barrès, s’est engagé à payer la dot d’Anne Barrès. Au lieu de la verser à Claude Blanchard, les versements annuels prévus par le contrat iront à Vincent Pizot. Ainsi, la dette sera progressivement remboursée par un tiers. Le couple Blanchard n’en recevra qu’un montant résiduel dérisoire, quinze livres, mais se trouve maintenant libéré du fardeau de cette dette.

Le sept juillet 1743 une fille nait au Feougoux. Elle s’appelle Anne Marie. Elle va mourir à l’âge de trois ans et demi, le quatre janvier 1747. 

Les registres n’en ont gardé aucune trace, mais il est certain qu’Anne Barrès est décédée. Cette perte intervient entre la naissance de sa fille et le remariage de son mari en juillet 1747.

Ainsi, le vingt-huit juillet 1747, Claude Blanchard se remarie avec Jeanne Chazalet, originaire de Dusayes, paroisse de Saint-Jean-Roure, une vallée qui donne sur la ville du Cheylard. Le vingt-trois août de l’année suivante elle lui donne un fils nommé Jean, comme son grand-père paternel.

Dix ans plus tard, Claude Joseph, dit Joseph Blanchard va naître toujours au Feougoux où la famille continue de vivre. De Jeanne Chazalet, nous n’aurons plus de nouvelles.

Les trente années suivantes ne sont guère documentées. On peut y dresser la liste des familles qui vivent dans ce hameau de Feougoux : Valette, Delaroche, semblent alors les plus proches des Blanchard.

Jean Claude Blanchard s’éteindra au Cheylard le vingt-quatre juillet 1784.

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