On a tous connu Papi dans son garage, à bichonner ses Mercédès, et pour les plus vieux la Chevrolet, verte ou bleue, je ne sais plus. Papi et les voitures, c’est une longue histoire, ses lettres en attestent, et sa petite biographie aussi, puisque sa première rencontre avec une automobile fut un accident. Il en rêve, dans une des toutes premières lettres écrite à mamie : « Dites jolie petite fille, savez vous que j’ai rêvé à vous cette nuit. Nous partions tous deux en auto, dans une Amilcar sport et nous ne nous arrêtions jamais. Puis je ne sais plus.«
Et puis, entre aout et novembre 1944, il est en charge d’une compagnie automobile, chargé de récupérer, de remettre en état toutes sortes de véhicules, jeep, camions, autos, chars, etc. qu’il fournit à sa division. Il en profite pour se faire plaisir.
Maintenant que ses lettres sont toutes numérisées, on peut faire la liste des voitures qu’il s’est attribuées sur cette période.

Dans une lettre du 2 septembre 1944, il dit être allé « en mission à Rouen dans sa (Peugeot) 402 avec son chauffeur Charlot. »

Le 8 septembre son rêve devient réalité, il est au volant d’une Amilcar de sport carrossée par Hotchkiss, « pas mal du tout »…

Le 5 octobre il circule à bord d’une Citroën Traction 15-Six, « une 15CV Citroën à deux carburateurs ! »

Le 16 octobre, c’est un petit bijou, une Ford Deluxe V8 Cabriolet qu’il plantera sur les grands boulevards parisiens : « Hélas, mille fois hélas, un accident stupide nous est arrivé Bd St-Germain sur les pavés de bois rendus glissants par la pluie. Ma voiture a dérapé et a fait plusieurs têtes-à-queue pour aboutir contre un camion venant en sens inverse. Résultat : voiture amochée et abandonnée provisoirement à la police en attendant qu’elle soit dépannée«

Le 23 octobre, il conduit une Ford Mercury qu’il va offrir « à son grand patron (250km sous la pluie) »
Bien sûr, les photos ne sont pas d’époque, mais on peut en retrouver certaines dans ses photos de guerre…


