Entre mars 1943 et janvier 1943, Papi est mobilisé (ou s’est engagé) dans l’armée de la France Libre. Il est en charge de l’instruction pré-militaire (IPM) d’un groupe de jeune à Marrakech. J’ai ajouté quelques photos qui datent de cette période.





31 mars 1943
Mon cher petit poulet. Je me prépare à partir à Marrakech et il faut bien que je te laisse un petit mot avant mon départ. Je veux d’abord te dire que si j’ai le cœur bien gros de te quitter, et tu n’en doutes pas, je suis aussi heureux de cette affectation qui me sortant du poste d’embusqué où je me trouvais ici, me grandit un peu et me permet d’espérer pour juillet prochain le grand départ sur lequel je compte.
Souviens toi ma petite femme de ton enthousiasme après l’occupation de l’Afrique du Nord par les Américains! Je n’ai pas perdu ma foi depuis et je veux de plus en plus garder ta confiance en faisant mon devoir. Je pars comme beaucoup d’autres à Marrakech pour l’instant, plus loin je l’espère dans peu de temps. Et alors je te promets de venger ceux de ta famille que les Boches ont tués et de participer de toutes mes forces à la lutte pour la libération de la France. Puisse ma bonne volonté être celle de beaucoup d’autres Français, sinon de tous, et crois bien que je vais faire mon possible pour communiquer mon enthousiasme aux jeunes que je vais diriger.
Cette première séparation sera heureusement coupée par de nombreuses visites que nous nous ferons l’un et l’autre et nous permettra de supporter plus facilement la suivante, quoiqu’il soit bien dur de se séparer après tant de bonnes années de vie en commun. Faisons des vœux pour que cette séparation soit de courte durée et que la victoire nous retrouve l’un près de l’autre, plus unis que jamais.
En attendant, ma petite femme, je te laisse la maison à diriger toute seule. Je sais que tu sauras être une femme sérieuse et dévouée pour les petites. Laisse moi cependant te recommander de veiller à l’instruction et à l’éducation de nos petites surtout de Paulette et Lulu qui vont être dans un âge où la direction et la surveillance des parents doit redoubler d’intensité.
Pense aussi, petit poulet, souvent à moi comme je le ferai toujours et ne fais absolument rien qui pourrait me faire la moindre peine si je le savais. Notre mutuelle confiance et notre honnêteté vis à vis l’un de l’autre feront que la chance nous suivra partout et que moi, particulièrement, je passerai à travers tous les dangers pour te revenir comme je pars. Je n’insiste pas, petite Vonvon, mais je veux te dire que, où que je serai, tu seras pour moi mon porte bonheur en même temps que ma marraine de guerre. La photo de toi qui ne me quittera jamais me dira souvent que tu penses bien à ton petit mari et que tu es toujours une petite femme bien sage.
Et maintenant que commence pour nous une vie de séparation, pour combien de temps!, laisse moi te dire encore que je t’aime beaucoup. Et si c’est un miracle de voir un mari aimer sa femme plus qu’au moment du mariage, après 14 ans de vie commune, je suis heureux et fier de te dire que c’est mon cas. N’en est-il pas de même un peu pour toi, petit poulet Et au fond n’est on pas plus heureux qu’il en soit ainsi. Après la guerre, où cette fois ci je partirai pour de bon, nous retrouverons ce bonheur encore plus grand et sans nuages, puisque l’un et l’autre nous aurons su, pendant notre séparation, vivre l’un et l’autre d’une vie exempte de taches.
Ma lettre d’au revoir est bien sérieuse, n’est ce pas mon chéri ? mais pourrait-il en être autrement puisque j’ai le cœur bien gros de te quitter ? Laisse moi la compenser par un petit plaisir. J’ai demandé à Videau (reparles en à sa femme si ce n’est pas fait) une carte permanente d’entrée au cinéma Marhaba. Vas y de temps à autre (mais pas trop souvent !!!) avec Yves ou les De Johannis mais fais moi le plaisir de borner là tes sorties en évitant par dessus tout les endroits où l’on danse: c’est la seule chose que j’ai en horreur tu le sais bien. Limite donc tes sorties au cinéma ou avec De Johannis et tu me feras le plus grand plaisir. Je suis un peu draconien je m’en rends compte, mais c’est plus fort que moi : il faut m’écouter et ne pas m’en vouloir.
Au revoir petit poulet. Je t’écrirai de Marrakech et je viendrai bientôt te voir. Ecris moi vite à ma nouvelle adresse ci dessous, sans timbre mais avec F.M.*
Je t’embrasse tendrement de tout mon cœur
ton Georges
(*) Franchise Militaire
Marrakech 5 avril 1943
Mon cher petit poulet
Avant de me coucher je te fais le chèque que tu m’as demandé au téléphone, de 3000 F. Touche-le au Crédit Lyonnais en signant tout simplement derrière. Si tu n’en as pas assez, tu me le diras dimanche prochain
Je viens de souper chez Maurice. Repas pas très gai car cette Maurice était plutôt noir, d’avoir bu sans doute trop de vin en travaillant. Jojo toujours mal élevé et Claudia au lit avec un peu de fièvre encore, ce qui ne l’empêche pas de manger des côtelettes entières. Claudia toujours aussi vive. De toutes façons j’ai mon tonneau de confiture d’orange que je t’apporterai samedi et que j’ai payé (800F, tu me ruines) à 17.75 le kg.
Je suis déçu de tout ce que tu m’as dit au téléphone.
D’abord de te savoir toujours l’enrhumée. Tu sais que les rhumes persistants peuvent devenir très graves et qu’il ne s’agit pas de s’en amuser. Soigne donc le bien et ne sors pas le soir de la maison surtout si le temps continue à être humide. Et puis de la lenteur avec laquelle se passe ce que tu sais. Malgré tout le désir contraire que j’ai eu tu me comprends. Je serais heureux de te voir débarrassée de tout souci à ce sujet. Prends cependant patience et tu verras que tout ira bien. Si tu es trop ennuyée pense à ton petit Georges qui se morfond sans toi, surtout que j’ai beaucoup de travail et que cela m’aide à passer le temps.
Aujourd’hui j’ai fait une partie de tennis avec mon voisin de chambre. Il ne joue pas mal du tout et m’a battu par 7/5. Je me fais vieux tu vois et je perds toutes les forces lorsque tu n’es plus là. Au revoir chérie. Il est 10h du soir et j’ai sommeil car depuis qqs nuits je ne dors pas très bien. Je vais penser à un dans mon lit, et toi aussi sans doute,
Bises à toute la maisonnée. Et pour toi bien sûr une grosse caresse de ton grand
Marrakech le mardi 4 mai 1943.
Mon cher petit poulet. Etant de service cette nuit je voulais t’écrire hier soir de mon bureau mais un télégramme chiffré m’est arrivé vers 8 heures et je suis resté plus de 2 heures à le mettre au clair. Si bien que je me suis couché à minuit, alors que levé depuis 6 heures et n’ayant pas eu le temps de faire la sieste j’étais littéralement crevé. Aujourd’hui t’écris donc un peu après avoir déjeuné au mess et je ne ferai pas encore de sieste car j’ai beaucoup de travail après midi
Hier je suis arrivé à 8 heures moins le 1/4 sans aucun incident en marchant à 30 à l’heure et sous une pluie battante qui n’a pas cessé tout le long du chemin. Le plateau de Chémmaia était couvert de brouillard et j’avais peine à avancer. Mais tout s’est bien passé quand même. Je pense aller à Safi samedi soir encore mais je ne crois pas possible de partir avant 8 ou 6 heures et je reviendrai de bonne heure et de la même façon lundi matin.
J’espère que tu recevras qqs bons d’essence et tout ira bien. Ce soir je soupe chez Maurice et te téléphonerai à 8 heures comme convenu Cette semaine je ne bougerai certainement pas de Marrakech car mon travail s’accumule et je ne suis pas très bien secondé.
Et toi comment vas-tu ? En ce moment c’est surtout ce qui m’intéresse et je voudrais bien que toutes tes misères finissent bientôt. Dès que tu en verras la fin téléphone-le moi et tu peux croire que je serai bien bien heureux, et toi encore plus sans doute Et ces rhumes, où en sont-ils. Moi aussi j’ai toussé pas mal cette nuit et je crois qu’il sera bientôt nécessaire que je prenne une petite infirmière brune pour venir me soigner à domicile. Soigne-toi bien en tout cas ainsi que tes petites filles de façon qu’à ma prochaine visite tout soit terminé.
As-tu pensé à écrire à Madame Lelong ? Ne te fais pas de bile pour ces histoires de peu d’importance. Pense bien à ton petit mari qui t’aime beaucoup et qui est bien seul et toujours perdu ici. As-tu toujours la visite de Madame Videau ? Je suis bien heureux que tu l’aies pour amie car elle est certainement très gentille pour toi en même temps que très sérieuse, et tu sais bien que ton méchant jaloux ne serait pas content s’il en était autrement. Ne dis surtout pas trop de mal de ton mari avec elle car je t’aime trop et tu le sais bien. J’ai aperçu aujourd’hui Lucien conduisant une auto amphibie. Un de ses collègues m’a déjà dit qu’il lui faisait l’effet d’un bluffeur (marrant)
Au revoir petite chérie, sois bien gentille, ne t’énerve pas trop et soigne-toi bien. A ce soir au téléphone. Embrasse bien tes grandes et petites filles et dis à Paulette et à Lulu que je compte sur elles
{ dans la marge : pour bien travailler à l’école. Dis aussi à Yves de se montrer bien gentil avec toi. J’espère bien que ces 2 derniers mois se passent bien. Une grosse bise de ton mari qui t’aime et qui a envie de vite te retrouver. }
Marrakech mardi 8 juin 1943
Mon cher petit poulet.
Il est 10h du soir. Je viens de dîner chez Maurice après avoir téléphoné à Lulu et je suis bien ennuyé de te savoir toujours au lit, sans la possibilité d’aller te voir. En effet mon petit chéri je suis cette semaine plus occupé que jamais, des tentes à obtenir, du matériel, du ravitaillement, des transports, je n’en finis plus et pourtant ce camp est bien décidé et en train. Comme je l’enverrais promener volontiers si je le pouvais, hélas!
Lulu m’a dit ce soir que tu allais mieux mais que le docteur t’avait recommandé de garder le lit. Est-ce bien vrai tout cela. Je suis sûr que dans quelques jours tout ira bien pour toi mais en attendant je me fais beaucoup de souci car je crains que tu perdes patience et que ton moral en souffre.
Pourtant voici ce que je te propose : patiente jusqu’à la semaine prochaine encore. Si jeudi ou vendredi ton état est toujours le même je vais te chercher à Safi et te faire soigner ici, chez madame Burer avec docteur Modot comme l’a fait madame Pandelé, qui est déjà guérie… (Ce n’est pas juste) Donc mon chéri prends bien patience, soigne toi du mieux possible et la semaine prochaine on s’arrangera pour que tout soit terminé car je comprends très bien va et j’en souffre pour toi, que tu trouves le temps long. Mais moi qui t’aime beaucoup beaucoup, et qui ai le bien grand souci d’être séparé de toi même si tu te portais bien, je veux que tu aies confiance en une prompte guérison et je veux que tu gardes toujours ton sourire, ce sourire que j’aime tant voir sur tes jolies lèvres. Après tous tes petits soucis et après les examens de PM je prendrai une permission de 6 jours et je te promets d’avance de tant te gâter que tu oublieras vite tes petits malheurs et que tu en aimeras encore davantage ton méchant petit Georges qui te laisse seule à Safi lorsque tu as du bobo.
Si je peux cependant, je m’arrangerai pour aller te voir à l’improviste un de ces soirs quitte à revenir le matin de bonne heure si veux pas rester longtemps séparé de toi lorsque tu es au lit. Fais-moi confiance tu sais bien que je m’arrangerai pour ne pas te laisser seule. En attendant veille comme tu le peux à ta petite maison Ne te fais pas avoir par les bêtises d’Yves et pense un peu à ton Georges bien malheureux d’être en ce moment séparé de toi
Au revoir mon beau petit poulet, je t’aime beaucoup beaucoup et je ne sais que dire pour te le prouver.
Je t »embrasse mille fois sur ton petit front et bien gentiment. Je vais me coucher en pensant à toi. Ton grand
Marrakech le 10 aout 1943 à 7h
Ma chère petite chérie. Je viens de passer la nuit à mon bureau car étant de service, j’ai préféré coucher là où il fait plus frais qu’en haut. Un matelas par terre, le ventilateur à droite, la cruche d’eau à gauche j’ai assez bien dormi malgré la transpiration qui inondait mon traversin.
Quel beau pays en été ! Mais cette nuit de service me permettra d’être libre dimanche prochain et c’est cela qui m’est agréable car tu sais bien que je n’ai qu’un souci, celui de te revoir le plus souvent possible non pas pour te faire des misères mais pour le plaisir de t’avoir avec moi, et parce que maintenant tu fais partie de ma vie habituelle et qu’il est impossible qu’il en soit autrement. Aimons-nous bien maintenant, veux-tu petite Yvonne ! Tu as été bien malade dernièrement et crois bien que cela m’a touché plus que tout autre chose et malgré des apparences peut être froides, je t’aime trop pour ne pas être sensible à tout ce qui te touche et j’ai vu plus d’une fois des larmes.
Maintenant que tu es presque guérie et que toi et moi nous sommes plus contents, soyons les plus copains du monde, comme nous le sommes en réalité, n’est-ce pas petite chérie?
Je voudrais que tu prennes une décision au sujet de ton repos en montagne. Puisque tu ne penses pas pouvoir venir à la maison forestière dont je te parlais j’ai envie de téléphoner au Chalet suisse, hôtel situé près du Tizi N’Test pour t’y envoyer avec Paulette et Lulu et Jackie bien entendu pendant que je serai en montagne moi aussi.
Peu importe la question de dépense : je suis tellement persuadé que cela te ferait tant de bien ! Je te dirai si c’est possible samedi et si d’accord je te ramènerai peut être lundi matin ou mieux j’irai te chercher le jour où on monterait en montagne pour t’éviter de séjourner à Marrakech avec les petites par cette douce température.
Et puis vivement septembre qui nous permettra de passer quelques agréables journées ensemble en attendant mon départ, pour où? Pourvu qu’on ne me laisse pas dans qq coin perdu du Maroc à garder des prisonniers ?!
Je suis en ce moment malheureux à cause de mes bas qui se déchirent rapidement : ceux que tu m’as raccommodés dimanche sont déjà pleins de trous et je me demande comment je vais passer la semaine Je vais faire ce matin, si j’ai le temps, tous les magasins pour essayer de trouver des bas arabes. Veux-tu regarder toi aussi si tu ne peux pas en avoir à Safi. Merci ma petite femme.
Ne t’ennuie pas trop et ne t’énerve pas trop avec tout ton monde à Safi. Quand tu sens que cela ne va pas, pense un peu à ton Georges qui te veut calme et bien portante. Tu verras qu’août sera vite passé et peut être pourrais je te sortir un peu de Safi au cours de la prochaine quinzaine.
Au revoir petite chérie, à demain au téléphone.
Je t’embrasse bien affectueusement.
Oukaïmeden le 20 août 1943
Mon cher petit poulet, excuse-moi mon cher petit chéri, de t’écrire à la machine, mais je n’ai dans tout notre camp ni encrier ni stylo et mon crayon de fort mauvaise qualité fait une écriture des plus difficiles à lire.
Je suis donc au camp de l’Oukaïmeden depuis hier après-midi, après un voyage rempli d’incidents ; départ de Marrakech à 5 h du matin, panne des camions, arrivée d’un premier groupe d’élèves et moi à 4 heures de l’après-midi, en tête de tout le monde bien entendu et certainement un des moins fatigués (modestie dirait Clifford). Les autres groupes se sont échelonnés jusqu’à 11 heures du soir et il a fallu aller à leur rencontre avec une lanterne.
Tu vois donc que l’ascension de l’Oukaïmeden n’est pas une simple promenade. Mais aussi quel plaisir, lorsque venant de Marrakech où il fait si tiède, on se retrouve à cette altitude, avec une fraîcheur agréable ; j’ai même eu froid cette nuit, malgré deux couvertures de laine. Notre installation n’est pas trop mauvaise, mais ne vaut certainement pas celle de notre premier camp du mois de juin. La nourriture n’est de plus pas formidable, le vin est imbuvable parce que transporté dans des tonnelets métalliques, mais je crois que peu à peu tout s’améliorera : ce sera en tout cas mon devoir de “chef” de veiller au perfectionnement de tout cela.
Ce matin, il y a pas mal de gens qui traînent la patte , j’ai moi-même un peu mal aux muscles des cuisses , mais je compte bien que peu à peu et même dès demain nous serons forme pour de nouvelles excursions car mon intention est de faire tous les refuges des environs, en allant de l’un à l’autre sous forme d’exercices militaires. Je crois que dans l’ensemble notre séjour ici se passera bien. Pour moi j’en serai le plus heureux des hommes, car tu sais bien que j’aime beaucoup la montagne, mais je ne puis me faire à l’idée que je ne te reverrai pas de pas mal de jours et cela me contrarie et me peine souvent. Ce serait chic de t’avoir près de moi, dans le refuge du Club Alpin que je n’occupe presque pas avec mes l’ascaris, mais hélas si j’y ai pensé un moment j’ai bien vite abandonné l’idée à cause de ton état de santé qui ne te permettrait pas de faire d’aussi longues trottes. Bientôt, j’irai passer 15 jours à Safi et je te promets de bien te gâter et de me faire pardonner mon lâchage de maintenant, lâchage dont je suis d’ailleurs pas responsable, tu le sais bien.
As-tu reçu ma lettre de Mardi ? Elle n’était pas bien longue mais j’avais le cafard de t’avoir quittée et je voulais venir bavarder un peu avec toi puisque que je partais pour pas mal de jours. Écris-moi souvent toi aussi à l’État-major de Marrakech où je ferai prendre mes lettres et tu ne feras un bien grand plaisir et le soir, dans ma solitude de la montagne, je serai tellement heureux de lire ou de relire les lettres de la petite femme que j’aime tant. Raconte-moi bien tout ce que tu fais, tes peines ou tes joies, car je veux toujours savoir dans le détail tout ce que tu deviens. Repose-toi quand même un peu car tu as encore besoin de prendre des forces, mange bien aussi et dors bien, en faisant de jolis rêves bien entendu.
Je pense que le 27 est l’anniversaire de notre mariage ; j’aurais bien voulu te voir ce jour-là, mais hélas je sens que cela est impossible. Je me sens bien capable de faire quelque chose de peu raisonnable pour aller te voir mais je crains que ce ne soit une trop grande folie. Je penserai bien bien à toi ce soir-là et te demande d’en faire de même de façon que nos pensées se rencontrent un peu : en attendant je t’embrasse bien tendrement à cette occasion et je tâcherai de penser à le petit cadeau de cet anniversaire, anniversaire d’un beau jour, n’est-ce pas petite chérie ?
Samedi soir, j’essaierai de te téléphoner chez Mme De Johannis mais je doute qu’on puisse se comprendre car ce matin j’ai téléphoné à Marrakech et c’était excessivement faible, et si tu n’entends rien c’est que j’aurai oublié notre rendez-vous téléphonique.
J’espère mon cher chéri, que cette lettre te trouvera en meilleure santé que dimanche dernier et que lorsque je reviendrai, cette bonne santé sera revenue définitivement et complètement. N’hésite pas à voir le médecin si tu as autre chose qui ne gaze pas. Et les trois filles comment vont-elles? Soigne-les bien aussi et embrasse les pour leur papa. Embrasse aussi Claudia et les fils pour moi.
Je vais m’arrêter de t’écrire, car si tu n’aimes pas les lettres à la machine, je te ferais remarquer que l’on écrit plus serré ainsi qu’à la main et que je t’ai déjà fait un véritable journal. Je t’écrirai encore lorsque je ferai descendre notre camionnette à Marrakech, c’est-à-dire mardi ou mercredi prochain. Elle descend demain et je compte bien qu’elle me remontera ta lettre de mardi.
Il est midi, j’ai faim et presque froid car le ciel se couvre de nuages : hier soir il a plu un peu à notre arrivée et cette nuit, il en est tombé comme des cordes ; pourvu qu’on ne soit pas enseveli dans la neige d’ici quelques jours…
Mme Videau a-t-elle fini de s’installer ? Dis-lui que j’espère bien qu’elle attendra que je sois à Safi pour pendre la crémaillère. Donne lui le bonjour de ma part ainsi qu’aux de Johannis.
Et maintenant, je te quitte mon petit poulet en t’embrassant bien bien fort comme je t’aime et en te répétant que je suis déjà impatient de te revoir de revivre surtout comme avant toujours ensemble. Quand donc que cela pourra recommencer ? Pense toi aussi bien à ton méchant mari qui t’aime et écris-moi souvent et bien longuement.
Encore une bise de ton montagnard,
Oukaïmeden Dimanche 22 août 1943
Mon joli petit chéri. Tu ne peux t’imaginer la joie que j’ai eue hier en pouvant bavarder un peu avec toi au téléphone. Je croyais bien que jamais je ne pourrais me faire entendre à Safi et j’ai été heureux comme un gamin lorsque j’ai entendu ta voix. Mais comme tu étais essoufflée d’avoir couru à cause de ce méchant mari qui te faisait venir à 8 heures comme il te l’avait promis… J’ai dormi en pensant à toi cette nuit et tu sais Je t’aime vraiment beaucoup, peut être plus encore depuis que tu as été bien malade. Puisse ce sentiment de moi pour toi te faire prendre tes petites misères et notre séparation en patience. Nous ne savons encore ni l’un ni l’autre ce que nous réserve l’avenir au sujet de notre séparation. Sans doute faudra-t-il se quitter pour de longs mois mais toujours, n’est-ce pas, chérie, nous nous aimerons bien, nous nous penserons bien l’un à l’autre et nous nous écrirons souvent. En attendant ce moment qui, je le crains, viendra bientôt, profitons de moments où nous pourrons nous voir : dans qqs jours je serai à Safi, et c’est pour moi une bien grande joie de penser que je pourrai te gâter le plus possible.
Garde bien ton calme d’ici là, pas d’énervement inutile et nuisible pour ta santé, mange bien, soigne-toi bien car je veux retrouver le petit poulet bien portant et bien calme. Et aussi pense bien à moi, n’est-ce pas chérie?
Du lundi 30 août au jeudi 2 septembre nous recommencerons nos exercices militaires à l’Oukaïmeden ou peut-être déménagerons nous un peu dans la montagne en faisant qq ascensions de sommets comme celle que l’on a faite hier en grimpant à 3600 m à un sommet qui domine l’Oukaïmeden, et où il faisait un froid de canard.
Et vendredi 3 au soir nous rentrerons à Marrakech. J’irai bien entendu te voir le samedi 4 pour revenir le lundi matin de bonne heure, mais comme cela me paraît être loin. Je pourrai, si vous le voulez, ramener Claudia à ce moment-là. Et je reviendrai sans doute à Safi du mercredi 8 au 29 septembre. Comme il me tarde d’être à ce moment-là ! Et toi petite chérie ?
Tu as bien fait de prendre tes repas à l’internat comme cela tu t’évites bien de la fatigue et bien du souci. Tu auras bien le temps de te remettre à ta bonne petite cuisine quand je serai avec toi et quand tu seras seule. as-tu reçu ma lettre de mardi envoyée de Marrakech et dans laquelle je te parlais de la vente de la Renault. Écris-moi toi aussi bien souvent jusqu’au 31 août pour que j’ai tes lettres avant le 6 septembre. Pendant notre séjour au camp on les fera prendre à Marrakech tous les 2 ou 3 jours.
Aujourd’hui c’est dimanche. Je t’écris pendant que tout le monde est en promenade dans la vallée. Je suis installé dans notre chambre du refuge et après t’avoir écrit je me raserai et me laverai à la source qui sort du rocher tout près d’ici et par où coule une belle eau claire et bien fraîche. Ce soir, pendant que tu seras sans doute à la plage nous ferons du sport devant le refuge volley-ball sans doute et nous ferons du tir.
Après-demain mardi je pars à 6H du matin avec un groupe d’élèves à Timichi, refuge situé à 6H de marche d’ici. Yves est dans ce groupe bien entendu. C’est là que j’espère prêcher la truite.
Mercredi 25 août nous irons de Timichi à Tachdirt où nous coucherons.
Jeudi 26 nous rentrerons à l’Oukaïmeden.
Je te téléphonerai donc non pas samedi mais jeudi 26 entre 8h 1/4 et 9H chez Mme de Johannis. Je vais t’envoyer un télégramme pour te le faire savoir. Espérons que l’on pourra s’entendre comme hier.
Samedi 28 et dimanche 29 j’aurai la visite du Général Paris et de qqs huiles. Si la pèche a été bonne à Timichi, je les amènerai là-bas. Et j’espère bien trouver une dernière lettre à mon arrivée à Marrakech. Ce soir la camionnette remonte et je compte avoir une bonne lettre du petit poulet que j’aime tant.
J’espère te revenir musclé, noirci et rajeuni de 10 ans. Attention à ne pas reprendre le béguin de moi! Je suis méchant hein petit poulet? N’oublie pas de bien penser à moi le 27 août date de l’anniversaire de notre mariage. Le souvenir du petit poulet avec sa longue et belle robe blanche, et de notre petit séjour à St-Lager-Bressac. Ah ! Je vais m’arrêter car je crois que ma lettre commence à devenir un véritable journal. Et puis l’heure tourne et j’ai déjà une barbe de 4 jours. Comme je dois piquer! Mais aujourd’hui dimanche je veux me faire beau
Au revoir donc, ma petite Vonvon que je n’aime plus sois toujours bien mignonne et bien sage, tu sais bien comme je veux que tu sois toujours. Embrasse bien les 3 petites pour leur papa ainsi que la famille Claudia.
Et pour toi mille grosses bises et caresses de ton petit mari qui t’aime bien beaucoup
Oukaïmeden le lundi matin
Mon cher petit chéri. Hier tard la camionnette est arrivée hier soir assez tard de Marrakech et à mon grand bonheur, elle m’a apporté une lettre de ma petite femme chérie, celle de mardi. Tu es gentille de m’écrire comme tu le fais et même de. me gronder puisque tu me pardonnes aussitôt après. Mais enfin je te dois une explication et la voici. Je suis venu samedi à Safi en resquillant 1/2 journée, celle du samedi après midi. Je n’avais pas d’une manière précise l’autorisation du lundi après midi et au dernier moment j’ai eu peur de la tuile. Tu vois ma petite Vonvon que j’avais de sérieuses raisons de partir. Tu as eu d’ailleurs une fois de plus complètement raison puisque personne ne s’était aperçu de mon absence. Je t’en demande en tout cas pardon surtout de t’avoir fait pleurer et je te fais à la place une grosse bise sur tes jolis yeux. Quant à venir à Safi entre lundi et jeudi matin il n’y fallait pas songer : j’ai trop eu d’occupations pendant les 2 journées du mardi et du mercredi alors que je partais en montagnes le jeudi de grand matin
J’ai tout de même été embarrassé jeudi de grand matin de l’idée que tu avais eue de me voir arriver. Non petite fille, malgré toute ma volonté et mon esprit un peu débrouillard pour ces choses là il ne me sera pas possible de te voir avant samedi 11 septembre et tu peux croire qu’il me tarde d’y être.
Je t’envoie une lettre reçue hier en même temps que la tienne de Clifford. Tu avais bien raison, il est en Sicile. Je lui écrirai d’ici un de ces jours. Je t’ai dit hier dans ma lettre que je partais en randonnée jusqu’à jeudi Je t’écrirai donc vendredi matin et je ferai descendre la camionnette le même soir presque exprès pour te porter ma lettre.
As tu reçu enfin mes lettres ? Comme c’est long tout cela. Rappelle toi aussi au début lorsque j’étais à Colomb Béchar. Ne te fais pas de souci pour moi ici : Je ne me casserai rien et serai bien sage. C’est le 5e jour qu’on est ici et il semble tout drôle de ne pas avoir de journaux, ni de T5F. Comme au fond la vie serait belle si tout cela n’existait pas et si les guerres n’existaient pas ? Pas vrai mon chérie pourquoi sommes nous donc si souvent séparés ?
J’ai ta lettre devant les yeux. Tu voudras bien prendre l’habitude de terminer au moins les 2 pages ou alors gare aux fessées lorsque je te reverrai… J’espère bien jeudi avoir au moins deux lettres de toi. On m’a téléphoné de Marrakech que j’aurais pas mal de lettres sur mon bureau. On m’a aussi demandé si j’étais volontaire pour partir aux colonies et j’ai répondu « non ».
{en marge : au revoir petite Vonvon une grosse bise de celui que tu appelles ton méchant mari}
Dimanche 29 août 9h du matin
Ma chère petite Yvonne. Je profite de ce que l’adjudant Romero descend à Marrakech à midi pour venir bavarder un peu avec toi, peut être la dernière fois du camp de l’Oukaïmeden. Voici d’abord l’histoire de mon retour. Bon voyage jusqu’à Marrakech où je suis arrivé à 7h. On est reparti de Marrakech qu’à 9h 1/2 pour être à Ifrane à 11h1/2. Là, le forestier nous a retenu à déjeuner et au dessert,… je me suis endormi sur un divan presqu’à 4h1/2. Je crois d’ailleurs que si on ne m’avait pas réveillé, je dormirai encore. Nous avons fait la route ou plutôt le sentier à cheval pour aller plus vite. J’avais bien un peu la frousse sur mon canasson lorsque le sentier qui était étroit bordait les plus beaux précipices, d’autant plus que l’animal faisait exprès de passer au bord du sentier, mais tout s’est bien passé et on est arrivé sans trop de fatigue à 7h1/2, juste pour se mettre à table. J’ai passé une excellente nuit et je suis à moitié réveillé à cette heure-ci car je n’ai pas encore fait ma toilette dans la rivière. Et maintenant nous allons continuer notre vie de montagnard jusqu’à vendredi soir 3 septembre date du retour à Marrakech. Et puis vivement le 8 ou 10 septembre pour qu’on réalise ensemble tous les projets que tu as pu faire depuis quelques semaines, club nautique, piscine, repas à la plage etc.
En attendant tu ne peux imaginer comme je suis heureux d’avoir pu couper mon séjour en montagne pour quelques heures passées auprès de toi. Et toi aussi, petite chérie, cela t’a t il fait plaisir? Lorsque tu recevras cette petite lettre, tu seras seule et certainement bien reposée et moins énervée. Quand je viendrai je tâcherai de ne pas être méchant envers mon petit poulet qui est toujours bien raisonnable et sage, pas vrai?
Tu dois te préparer à aller au club nautique maintenant. Veinarde va! Mais n’oublie pas que c’est dimanche et qu’il doit y avoir beaucoup de monde aujourd’hui et que ton méchant Georges est toujours jaloux parce qu’il t’aime toujours beaucoup. Pendant les qqs jours qui me restent à passer ici, je vais prendre bien le soleil car je crois que tu vas finir par me battre comme couleur de nègre. Attention aux concours qu’on fera à l’arrivée.
As tu envoyé la lettre de madame Lelong, la douce femme ? Ne te fais pas de souci pour tout cela dont tu n’auras bientôt plus à t’occuper du tout. Pense bien à ton petit mari, cela vaudra mieux. une grosse bise à chacune des trois filles et pour toi une grosse caresse de ton petit mari.
Marrakech dimanche 26 septembre à 10h15
Ma chère petite Vonvon. Beau dimanche pour ton Georges. Je suis arrivé hier à 5h juste une demi heure avant les élèves. Après débarquement et déchargement des marchandises, il était 6h je suis allé à mon bureau pour me présenter. Tout s’est bien passé et le gros travail qui m’attentait et m’obligeait à revenir si tôt à Marrakech se réduisait à un gros travail en effet mais n’ayant rien de pressé et que je ne ferai pas avant demain lundi de toutes façons. Résultat je vais m’ennuyer un dimanche à ne rien faire ici alors que j’aurais été si bien avec ma femme et nos trois petites filles Tant pis et mektoub. Si encore j’étais de service aujourd’hui mais il n’en est même pas question. Si dimanche prochain je ne suis pas de service, tu peux être certaine que un certain Georges sera à Safi dès le samedi soir. Inch Allah!
Donc hier soir cafard monstre à mon arrivée et comme tu le sais bien cela se voyait sur ma figure. Je fais donc le tour de bureaux pour dire bonjour aux copains et Mathieu me dit « T’en fais une gueule, qu’est-ce que tu as? » Je lui raconte mes malheurs et comme c’est un chic type il m’a amené gentiment souper chez lui ou plutôt chez Madame Martin sa belle sœur. Ils ont été tous deux très chics et n’ont qu’un désir envers nous, c’est de connaître au plus tôt la gentille petite femme que tu dois être sans doute puisque je ne fais que leur rabattre les oreilles de toi. Comme menu, cela fait plaisir tout de même et je crois qu’on va faire enfin la vraie mobilisation totale.
Rien de nouveau pour moi encore et pour ma mutation et pour mon avancement. Je te téléphonerai dès que je saurai qq chose. Je m’arrête car le bureau, quoique ce soit dimanche, se remplit de monde : capitaine Bontheux, Couderc et 1 colonel médecin. Je te téléphonerai lundi entre 13 et 14h comme convenu chez Mme De Johannis et mardi je t’écrirai encore un petit mot.
Au revoir petite chérie sois bien sage toujours et bien calme et pense souvent à ton petit mari qui t’adore et qui est redevenu amoureux de sa petite blonde, plus qu’avant encore.
Embrasse bien tes 3 filles pour leur papa dis leur d’être bien sages et pour toi mille grosses caresses de ton grand…
Quels bons souvenirs je vais garder de nos quinze jours passés à Safi. et toi?
Mercredi 29 septembre
Ma chère petite vonvon. J’ai reçu hier soir ta lettre dimanche. Quel plaisir pour moi de lire les lettres du petit poulet. Je l’ai bien lue et relue le soir avant de me coucher. J’espère que ta colère contre les gérants de l’internat t’a complètement passée. Tu as bien fait de ne pas te laisser faire. Là je reconnais bien ma petite femme et tu me fais plaisir d’être ainsi. Ne te rends cependant pas malade à cause de gens et quelquefois de choses qui n’en valent pas la peine et quand tu as le moindre chagrin, écris le moi bien vite : moi je te défendrais. Félicitations aussi pour avoir écrit à ton petit mari d’une écriture bien serrée et sur les deux pages entières. Continue donc ces bonnes traditions. J’ai porté ton stylo à arranger mais c’est sans garantie de casse au cas où le réparateur ne pourrait remettre la plume d’aplomb…
Et tes piqûres. J’ai pensé à toi lundi à 4h1/2 ? Est ce que cela ne t’a-t-il pas fait trop de mal et en as tu ressenti des bienfaits très nets ? Tu verras qu’en te laissant bien soigner tu reprendras peu à peu ton calme et ta tranquillité. D’ailleurs dimanche prochain, comme je te l’ai dit je compte t’enlever jusqu’à mercredi ou jeudi. Si tu es d’accord je viendrai sans doute (de toute façon d’ailleurs même si tu n’es pas d’accord) samedi soir vers 8 heures, et nous reviendrions ensemble dimanche soir en partant vers 17h pour éviter de faire lever Jackou trop tôt lundi matin. Demande aux Johannis s’ils veulent te garder Paulette et Lulu et dis leur qu’ils feront bien plaisir au petit mari de toi. Tu reviendras ou avec le car mercredi mais je tâcherai de te ramener avec ma bagnole.
Profites en en tout cas maintenant d’abord parce qu’il fait délicieusement bon à Marrakech en ce moment ensuite parce que si je pars à Casa ou ailleurs ce ne sera peut être pas aussi commode et ensuite parce que je cherche à vendre ma bagnole. Les Américains veulent me l’acheter mais ils n’ont pas l’air de vouloir m’en donner 50000F comme je le désire disant qu’elle est un peu vieille. Si je trouve à la vendre je la bazarde d’ailleurs aussitôt. D’accord ? alors prépare ta valise et tes gentillesses pour ton petit mari chéri…
Il est 7h je t’écris seul de mon bureau car tout le monde est parti. J’ai un gros travail en ce moment mais tout se tassera. Mes actions sont en train de remonter dans la maison et si je suis ici par force, et par force seulement crois le bien je crois que je pourrais me réacclimater à mon entourage ! En attendant toujours aucune nouvelle pour moi et je voudrais bien que cela ne tarde pas trop
Ce matin grande revue à l’occasion de la visite du Général Commandant les troupes du Maroc. J’ai présenté mes élèves, assez nombreux d’ailleurs et de fort bonne allure, à ce grand chef qui m’a félicité comme il se doit… mais au diable les félicitations!
J’ai en ce moment un gros rhume, mal à la gorge. Je me bourre d’Aspro et de pommade goménolée pour être guéri vendredi car je dois faire un laïus institutionnel à la rentrée du lycée, vendredi à 8h1/2, au cours d’une manifestation pleine de cérémonies et de grands chefs : je me mettrai en drap ce matin là pour être plus beau. Mais n’aie pas peur, je ne me laisserai pas enlever car c’est toi et toi bien seule que j’aime bien et je ne te le dirai jamais assez, gentille petite vonvon, et si jolie aussi malgré que tu hausses les épaules en lisant cela. Je vais aller au cercle manger et ce soir je me coucherai de très bonne heure en pensant à toi comme toujours
Dis à Paulette et à Lulu de bien travailler en classe pour faire plaisir à leur papa et aussi d’être bien gentilles avec toi. Si cela est je les gâterai bien à la Noël. Dis aussi à Jacquou de vite apprendre à lire et à écrire et elle aussi sera bien gâtée par son papa chéri.
J’ai vu ce matin au mess l’aspirant aviateur de Mme Ruelle au restaurant au cercle Peut être viendra t-il samedi soir avec moi.
Au revoir petite chérie je m’en vais dîner. Bonne nuit et tâche de bien bien dormir en rêvant à ton méchant Georges qui t’aime beaucoup et qui veut toujours t’avoir les portante et bien gentille. une grosse bise
Marrakech Jeudi 30/9
Ma chère petite chérie. Je profite d’une occasion qui va à Safi après midi pour te faire ce petit mot et te dire une fois de plus que je t’aime bien et que je suis malheureux sans toi ici. Et pourtant je n’ai pas trop à me plaindre puisque je viens de passer à Safi 15 jours agréables. Mais n’est ce pas justement à cause de cela que notre séparation m’est de moins en moins supportable ? Après demain samedi crois bien que je ferai l’impossible pour aller te voir car je ne suis pas de service jusqu’à mardi prochain Si tu es décidée, mais le seras tu, je te ramènerai avec moi. Il faudra me dire cela au téléphone demain matin quand je te téléphonerai au bureau entre 10 et 11 heures.
Si tu veux je te retiendrai dès demain la place à la CTM pour mercredi au cas où je ne pourrais te ramener à Safi à moins que tu puisses rester toute la semaine à Marrakech. Mais le pourras tu ?
Toujours rien de nouveau pour moi. Si l’on me laisse à Marrakech je prendrai ma permission vers la mi octobre et j’espère que l’on passera qqs jours bien tranquilles ensemble, à moins que je ne la remette aux vacances de Noël. Qu’en penses tu ?
As tu reçu mes lettres envoyées l’une dimanche, l’autre mardi et l’autre hier? De mon côté j’ai eu ta bien gentille lettre de dimanche soir et j’espère bien en avoir une autre dès ce soir. Ecris moi souvent et bien longuement tu me feras plaisir.
Je prépare mon discours du lycée pour demain 8h1/2, la barbe ! Et toi comment vont tes nerfs et tes démangeaisons ? Soigne toi bien sérieusement et guéris vite complètement. J’espère aussi que Jackie va de mieux en mieux comme tu le dis dans ta lettre. N’oublie pas de faire acheter tes petits croissants samedi matin par Ahmed ! Veinarde va.
Maurice et Claudia ont acheté une chambre de 17000F pas mal au Palais du Mobilier. Nous sommes loin des 40000 absolument indispensable pour avoir aujourd’hui une chambre. Ils ont fait aussi repeindre toute leur maison. Je n’ai pas mangé chez eux ces jours derniers tu vois que je suis un mari obéissant.
Au revoir petite chérie, je retourne à mon discours, sois bien sage toujours et pense bien à ton Georges qui ne t’aime plus…
Grosses caresses
Marrakech mardi 5 octobre 15h
Ma petite chérie. J’espère que tu recevras ce mot bien tôt et c’est pourquoi je veux me dépêcher de l’envoyer avant que le courrier ne parte. Ce matin je me suis présenté à mon nouveau Colonel. Il est d’accord pour que j’aille vendredi prochain à Safi. Si tout va bien donc je serai à Safi vendredi pour midi jusqu’à lundi matin. Et c’est toujours cela de gagné, n’est ce pas petite vonvon?
Depuis mon retour je suis un peu malade et je crois bien qu’aujourd’hui j’ai un peu ou beaucoup de fièvre. La nuit mon oreille gauche me fait mal et mon nez est une véritable fontaine. Mais l’espoir d’aller à Safi vendredi me fait du bien et d’ici là tout sera pour le mieux. En attendant j’ingurgite tant et plus du Dagénan qu’un camarade m’a passé ici et je crois que cela me fera du bien.
Et toi comment vas tu ? Il me tarde de te revoir et d’entendre dire que tes démangeaisons t’ont passé. Un peu de patience petit poulet et tu verras que tout cela passera bientôt.
Rien de nouveau ici, sinon qu’une fois de plus je suis passé à côté de ma nomination au grade de capitaine tant pis. Hier j’ai eu une explication assez nette avec mon patron et je crois que cela ira mieux maintenant. Je t’en reparlerai d’ailleurs vendredi.
A midi j’ai été invité à déjeuner par les Gabanelle qui m’ont fait manger du perdreau. Ce soir nous allons finir les restes avec la famille Claudia et Maurice, toujours les mêmes. Mon moral un peu meilleur que la semaine dernière et j’espère, malgré tout partir bientôt, peut être avant la fin décembre. Le sergent de la légion qui est avec moi m’a fait cadeau ce matin d’une cartouche de lucky. Tu parles si je suis heureux d’en fumer quelques unes.
Ma Chrysler n’est pas encore vendue mais j’espère que cela sera fait bientôt. En attendant elle se comporte toujours très bien et fera sans doute de même vendredi prochain… Je vais aller au bureau maintenant et tu seras bien mignonne d’excuser pour une fois la brièveté de ma lettre.
Je n’ai guère le courage d’écrire car je suis un peu à plat.
Au revoir petite chérie, sois très sage et surtout bien calme et à vendredi.
Le petit aspirant aviateur, on a appris en cours de route ses fiançailles officielles avec la petite Vaircelle : tu vois que tu avais raison.
Je t’embrasse bien affectueusement comme je t’aime peut être moi aussi j’aurai bientôt une lettre de toi !!
Safi dimanche après midi (le 10 octobre)
Ma petite chérie. Tu viens de monter dans la chambre des filles pour faire encore des mouchoirs. Et moi je veux vite te faire un petit mot que je te laisserai demain matin avant mon départ. Mais j’ai peur que tu descendes et que tu m’attrapes… Qu’est ce que je prendrais !
Tu viens de me dire petite Yvonne que depuis qq temps lorsque j’étais là tu étais encore plus fatiguée que lorsque tu étais tranquillement seule chez toi.
J’en suis tout marri vois tu mais je te comprends très bien et je n’en veux qu’à moi-même. La seule explication que je me donne et qui doit je l’espère me justifier à tes yeux et que je suis un mari amoureux de sa femme et que mes longues journées de solitude loin de toi font que malgré moi je suis trop heureux de me retrouver de temps en temps avec toi, en oubliant trop que tu n’est pas encore guérie… Ne m’en veux donc pas petite chérie et pour me faire pardonner, ce soir je resterai un petit mari bien sage sans faire aucune misère à sa petite femme. Ce sera dur tu sais mais à la place tu m’enverras une longue lettre et cela me fera plaisir.
Dimanche prochain je ne viendrai peut-être pas car il y a des chances pour que je sois de service et d’ici quinze jour, qui vont être si longs pour moi je le serai peut-être pas. J’espère que d’ici là tu seras retapée complètement et que c’est toi qui me diras de vite venir te voir. Surtout ne dis pas que ton Georges est un méchant au contraire tu sais bien que je veux toujours être aimé beaucoup de toi et que je ne veux qu’essayer de te faire plaisir.
Sois gentille pendant mon absence de faire lire toi même ton Jackou tous les soirs et de vérifier que tes grandes filles font bien leurs devoirs et sont très sages. Tu verras que peu à peu tu prendras goût à constater toi même les progrès de ton petit « coeur » comme tu l’as baptisée et que cela t’intéressera en te tenant compagnie.
Quand Yves sera parti la maison te semblera encore plus vide. Aime bien cette maison quand même et quand tu as le cafard écris vite une lettre à ton méchant mari… qui ne pense jamais à toi que pour te faire des misères. Et surtout ne t’occupe pas de la longueur des courriers : les lettres arrivent et cela est l’essentiel pour moi. Quand je serai bien loin de toi qui sait combien mettront-elles de temps à parvenir les lettres que nous nous enverrons. Et pourtant ne sera-t-on pas heureux d’en avoir souvent ?
Je t’entends bouger en haut et j’ai une sainte frousse que tu viennes me surprendre
Adieu mon chéri
Une grosse bise
Georges
{de mamie, écrit en marge : Gros navet qui croit que je te veux des misères. Une grosse bise}
Marrakech mardi 12 à 14h
Ma chère petite chérie. D’abord un mot. tu as dû trouver dans ton porte feuille ma lettre écrite dimanche après midi. Je suis sûr qu’après l’avoir lue tu m’as pardonné mon mensonge. car au fond je crois bien n’avoir pas voulu être méchant. Pas vrai ! A quel moment l’as tu trouvée?
Il a fallu pousser la Chrysler sur la descente et le voyage s’est effectué sans incident. et à 8h1/4 nous étions à Marrakech. Rien de nouveau pour moi sinon une lettre du capitaineDelage, pardon ! du commandant, que je te joins mais que tu me garderas.
Lundi après midi, hier, J’ai été convoqué pour présenter bezzaf ma bagnole à la réquisition. Toujours obéissant je suis allé et on m’en a donné 34500 francs. Heureusement que ton Georges est un malin et que dans la légalité j’ai trouvé moyen au dernier moment, de prouver qu’elle n’était pas réquisitionnable… et j’ai toujours mon taxi. Je te raconterai cela quand j’irai te voir. Je vais quand même essayer de la vendre car je ne voudrais pas la garder sur les bras lorsque je partirai et tu peux croire que j’espère que ce sera bientôt, ne serait ce que pour te montrer que ton Georges est lui aussi un homme.
J’ai rencontré hier ici René Henry d’Ifrane, classe 44 qui était mobilisé au même régiment qu’Yves mais qui devait rejoindre qqs jours plus tôt. Il m’a confirmé que sa mère et Nanou étaient bloqués en France, que Josette avait été reçue au bac et que Mireille faisait la cuisine de son père toujours receveur des PTT mais qui a vendu son bled il y a qq temps. Lui, avant d’être mobilisé, faisait le marchand de bétail. Marrant ! Il n’avait pas l’air très enchanté de sa mobilisation et j’espère le voir bientôt en uniforme en même temps qu’Yves.
Aujourd’hui à midi j’ai été invité à dîner chez Gabanelle pour manger deux perdreaux et ce soir chez Maurice. Tu vois que je suis toujours bien reçu et que si je n’étais pas loin de mon petit poulet (et non pas de ma vieille poule !) tout irait bien donc du moins assez bien car rien ne vaut sa maison et son chez soi, surtout quand on a une gentille petite femme comme la mienne.
En arrivant hier j’ai trouvé ta gentille petite lettre de mardi et quoique tardive à cause de mon départ j’ai été bien heureux de l’avoir et je suis persuadé que cela m’a enlevé un peu du cafard que j’avais de revenir seul ici. Tu ne trouves pas que c’est malheureux de toujours bien aimer sa petite femme ?
Demain soir je tâcherai d’être à l’arrivée du car. Peut être Yves m’apportera t il une lettre de toi. En tout cas je le garderai pour souper avec moi et parler un peu de la maison car au fond il est bien gentil et il est naturel qu’à son âge on fasse des choses qui ne plaisent pas toujours aux ainés que nous sommes pour lui. Comme la maison va te sembler encore plus vide maintenant.
Sois toujours bien gentille petite Yvonne et occupe toi bien des 3 petites et tu verras que bientôt le moment reviendra où nous pourrons revivre une petite vie bien tranquille et bien heureuse, comme avant.
Mon contrat de location de voiture n’est pas encore renouvelé. Le sera t il ? Je l’espère sans en être bien sûr. En attendant je suis de service demain mercredi mais ne le serai pas dimanche. Au cas donc où je le serai le dimanche suivant je ferai l’impossible pour aller te voir samedi. Je te le confirmerai par téléphone jeudi à 1h ou 1h 3/4 chez M. de Johannis afin que tu puisses retenir 2 bonnes places au cinéma pour samedi ou dimanche soir, car je sais que cela te fera plaisir, n’est ce pas ma petite vonvon ?
J’espère que depuis mon départ (gros méchant va me diras-tu ! ) tes démangeaisons te passent un peu. De toutes façons je suis sûr que cela te passera bientôt. Peut être as tu déjà fini ton traitement de piqûres. Il me tarde bien que tu n’aies plus de misères car je t’aime trop pour te voir souffrir même pour de petites choses.
Je suis en train de penser que j’ai oublié d’arranger la courroie du roule doux de ta salle de bain ? ne me maudis tu pas trop au moins ? Par contre j’ai songé ici à ton bracelet à arranger. Le bijoutier que j’ai vu ici m’a dit qu’il fallait l’envoyer à Casablanca. J’espère bien cependant trouver moyen de le mettre en état et peut être que je pourrai l’apporter samedi. Je te cherche aussi des pommes de terre mais sans grand succès jusqu’à maintenant quoique je remue ciel et terre pour te faire plaisir.
Dis encore à Paulette surtout à Lulu et à Jacky aussi que je veux qu’elles soient bien sages avec toi et qu’elles travaillent bien pour faire plaisir à leur papa et je compte sur leur petite maman pour s’en occuper. Je vais aller au boulot maintenant et mettre ta lettre à la poste en passant pour que tu l’aies plus tôt
Au revoir ma petite femme chèrie. Ne m’en veux plus de dimanche parce que je t’ai écrit en te racontant des blagues et sois bien certaine que peu de maris aiment leur femme comme moi je t’aime, maintenant plus qu’avant encore. Je t’embrasse bien affectueusement et sans vouloir te faire de misères, ton Georges
mercredi 20h30 le 20 octobre 1943
Ma petite chérie
Tu dois être occupée à écouter Radio Toulouse pendant que je t’écris. Petite veinarde qui es chez toi, si je pouvais moi aussi y être. Je suis de service aujourd’hui mercredi comme la semaine dernière au même jour et je ne fais plus que de m’ennuyer : j’ai le cafard, le cafard d’être séparé de toi alors que je serais si bien à la maison. Mais toi aussi tu dois voir tes petits soucis et je suis sûr que ta maison te semble vide et bien grande sans ton petit mari. Patience ma petite femme je suis sûr que bientôt nous serons réunis comme avant et que nous vivrons heureux comme nous l’avons pu être auparavant. En attendant occupe toi bien de nos trois petites filles, aime bien ta maison et si tu as trop le cafard écris moi. Dis moi alors tout ce que tu voudras, je te comprendrais toujours et cela te fera du bien : je t’aime trop pour qu’il en soit autrement.
Quand recevras tu cette lettre. je crois que Pondelé part en permission, vendredi matin je la lui remettrai si c’est le cas. Si non je la porterai au car de 6h1/2 pour trouver quelqu’un qui puisse te la remettre. Et puis je ne tarderai pas à suivre cette lettre puisque j’ai dans la poche un ordre de mission pour Mogador Safi et Port Lyautey. Je partirai de Marrakech vendredi matin pour Mogador et serai à Safi le soir vers 18 ou 19 heures. J’y resterai jusqu’à lundi matin et officiellement. Tu peux donc retenir 2 belles places au cinéma pour samedi soir car j’aurai bien du plaisir à t’accompagner pour voir le film Angelica. Un ennui cependant j’ai bien mon ordre de mission et ma bagnolle mais mes accus sont complètement à plat et détraqués et je cherche de tous les côtés à m’en faire prêter en attendant qu’on me les réparer. Sûr de moi j’en trouverai certainement et si tu n’as pas reçu de communication téléphonique avant cette lettre c’est que je serai à Safi vendredi soir. Impossible par ailleurs de me faire prêter une voiture militaire car il n’y en a pas en ce moment mais enfin j’ai confiance, et à bientôt.
Par ailleurs j’ai décidé que tu viendras passer les vacances de la Toussaint avec moi et avec les 3 filles. Madame Gabanelle nous prête une chambre pour Paulette et Lulu et Jackie aura le petit lit de Maurice dans notre chambre chez Garnier. Retiens donc toutes tes places à la CTM et prends tes lainages pour Vendredi 29 octobre après midi. Les filles ne manqueront que la classe du samedi matin et du vendredi après midi. Cela n’est pas grave et je vous ramènerai le dernier jour des vacances mardi soir en auto. Cela te fera du bien ainsi qu’aux filles et pour moi il vaut mieux ne pas en parler. La Cdt Delaye ne viendra pour sa tournée que le 7 novembre. Je prendrai donc ma permission seulement après le 11 novembre et on verra venir par la suite.
Hier soir j’ai fait un bridge chez le docteur Raymond, j’ai gagné 51 francs tu parles d’un grand joueur. Mme Raymond t’envoie ses amitiés et veut un service à café de chez Lamali, le lieutenant Mathieu aussi. Tu me feras passer à ces commandes quand je serai avec toi. Ceux du Cdt Delaye doivent d’ailleurs être prêts. Et madame Mathieu que je n’ai pas vue, mais que j’ai eu au téléphone au sujet de son mari qui est en Corse nous attend à dîner au cours de ton séjour de la Toussaint. Ne parlons pas des Gabanelle et de Maurice qui nous attendent également. Tout est donc arrangé sans toi, comme un tyran que je suis envers toi et retiens vite tes places à la CTM pour vendredi 29 car les cars sont toujours complets parce que très courus.
Ma voiture n’est pas encore vendue et je me demande si je la vendrai un jour. Au revoir ma petite vonvon chérie, ton Georges va une fois de plus se coucher en pensant à toi. Sois bien contente et ne languis pas trop. À vendredi sans doute embrasse bien les petites pour leur papa.
Je t’aime bien et je t’embrasse mille fois bien affectueusement. Ton méchant mari va encore bientôt te faire revenir tes petites misères, une grosse bise
Georges
Jeudi 4 novembre 1943 – 14h
{en marge : tu penseras à moi dimanche où je serai de service toute la journée. Encore une grosse bise}
Ma chérie. Je viens de dîner au cercle des officiers, tout seul et bien tranquille et avant d’aller à mon boulot je viens bavarder un moment avec ma petite vonvon que je n’aime plus du tout, puisqu’elle m’a laissé dormir tout seul dans mon grand lit. Hier soir retour sans grand incident sauf un bourriquot qui a eu la mauvaise idée de recevoir au passage une bonne gifle du phare droit de l’auto sans grand mal d’ailleurs pour l’un et pour l’autre. Le propriétaire de l’animal nous a versé séance tenante 200 francs et avait l’air bien heureux de s’en tirer à si bon compte : c’est M. Gabanelle qui conduisait.
Arrivée à Marrakech vers 11 heures et au lit à peu près tout de suite avec mon sarouel qui n’a plus qu’une poche mais qui est très bien arrangé : il te restera toujours l’autre poche en réserve pour la prochaine fois… Ce matin je suis allé au travail comme d’habitude et tout s’est bien passé. Je suis donc bien heureux d’avoir pu vous ramener de cette façon et on tâchera de recommencer n’est ce pas petit poulet? Toujours rien de neuf pour moi et rien de prévu pour la visite du Cdt Delage. Je prendrai donc ma permission de façon à être samedi 13 à Safi : comme convenu et sauf imprévu bien entendu. Comme nous l’avons décidé ensemble je vais commencer à aller un peu plus souvent au mess et un peu moins chez Maurice et cela vaudra mieux je crois. Mr Gabanelle te remercie bien pour ton chocolat et trouve que tu l’as trop gâtée.
Et toi, as-tu passé une bonne nuit dans ta grande maison. J’espère que tu seras contente, et les filles aussi, de vos 3 jours passés à Marrakech malgré le mauvais temps ( il fait beau maintenant !!!!) et tes petites misères. Je n’ai peut-être pas été très très gentil avec toi le premier jour. C’est parce que j’avais cru comprendre que tu étais allée voir le Docteur Ruelle pour le même motif qu’au printemps dernier. Il ne faut pas m’en vouloir ma petite Yvonne, tu sais bien que tout en voulant te faire plaisir je ne voudrais pas que tu recommences comme en juin. Mais je me suis trompé n’est ce pas et je suis sûr que d’ici très bientôt tu iras bien mieux et que toi aussi tu auras retrouvé ton vrai joli sourire et que tu seras bien en aimant bien ton méchant petit mari qui ne sait souvent pas comment faire pour rendre heureuse cette petite femme blonde aux si jolis yeux et qu’il aime toujours un tout petit peu… Soigne toi bien puisque ton Georges n’est pas là pour te faire des misères et chaque fois que tu le peux écris moi bien longuement sans t’occuper du départ ou de la lenteur des courriers. Tes lettres me parviennent et sont bien lues tu peux le croire et c’est là l’essentiel. Raconte moi bien tous les détails de ta vie quotidienne à Safi, ce que vous faites toutes les quatre, car j’aime bien le savoir pour vous suivre toujours et me sentir un peu avec vous de cette façon. Occupe toi bien du travail d’école des 3 filles et pour Paulette, apprends lui gentiment, comme une maman sait le faire, à être une jeune fille bien gentille qui a confiance en sa maman surtout. – Est ce que tu as installé tes tapis ? Raconte moi aussi cela tu me feras plaisir. Je vais m’occuper de la selle de M. Videau et un de ces jours j’irai voir le malade à l’hôpital mais sans aller dire bonjour à Madame Mathieu, de peur que sa grande beauté et sa pétulante jeunesse me tombent et me rendent complètement amoureux. (Pas mal dit hein petite fille?). As-tu pensé à m’acheter un pot de moutarde? Le lit de Jacky est toujours installé dans ma petite chambre et j’ai l’impression que ce soir vous serez toutes les deux là. Hélas, j’en connais un qui aura bien le cafard ce soir en venant se coucher…
Au revoir petite chérie à samedi au téléphone. Je t’écrirai encore pour qu’à chaque départ du car une lettre parte de Marrakech. Toi aussi écris moi souvent et pense bien à ton petit homme qui t’aime beaucoup et qui veut être bien aimé de sa petite femme chérie.
Une grosse bise bien sage.
Marrakech le mercredi 24/11 à 1h1/2
Ma chère petite femme. Je viens de finir de manger chez Maurice (purée et rôti de porc), et avant d’aller au boulot je viens bavarder un peu avec toi car je suis sûr que cela te fera plaisir. Hier voyage sans histoire, arrivée à Marrakech à 6h moins le 1/4 juste le temps d’aller faire un tour au Bureau, de ranger mes affaires et mon auto et de dire bonjour à Maurice et chez Gabanelle où j’ai été aussitôt retenu à dîner, ce que j’ai accepté avec plaisir car bien entendu j’avais le cafard et ne me sentais pas en veine pour aller au restaurant. Je me suis couché à 9h1/2 et j’ai eu froid toute la nuit. Aussi sur ma demande le proprio a fini par mettre ce matin une couverture supplémentaire.
Ce midi aujourd’hui j’ai déjeuné chez Maurice mais sans grand enthousiasme Claudia est malade de ses jambes et le docteur craint une phlébite si elle ne se soigne pas. Les gosses enrhumées et Maurice de bonne humeur fabriquant en grosse quantité des cartons pour Noël : petits fours aux amandes et chocolat au goût d’huile rancie à 250F le kg. C’est cher et pas très bon.
Les Gabanelle très très gentils insistant pour avoir des nouvelles de vous tous et organisant déjà vos vacances de Noël à Marrakech comme à la Toussaint, avec en plus arbre de Noël pour les gosses, réveillon etc… etc…
Ils confectionnent déjà une poupée pour leur petite nièce ou cousine et une pour Jackie que ils appellent « le diable » (Jackie, pas la poupée) Mais ne lui dis pas ce sera une surprise pour elle. Pour moi au bureau absolument rien de nouveau et je ne demande plus rien, me résignant toujours pour toi, à suivre mon sort quel qu’il sera.
Beaucoup de travail en perspective et cela me plaît car je languirai moins
Marrakech 24 novembre à 20h
Mon cher petit chéri. Comme je me suis sage! Il n’est que huit heures et je suis déjà dans ma chambre. Après mon travail à 6 heures j’ai rôdé un peu dans les rues de Marrakech (sans faire de l’œil aux petites dames) et à 7h moins le 1/4 je suis allé au cercle pour dîner. À 7h1/2 j’avais fini et je suis venu dans ma chambre pour t’écrire un peu. Comment vas tu depuis hier mon petit chou ? J’espère que depuis mon départ tes démangeaisons vont beaucoup mieux et que ton bon moral reprend le dessus. Tu dois être en train d’écouter Radio Toulouse au coin de ton feu : comme je voudrais être encore avec toi!
Aujourd’hui j’ai reçu des indications pour les examens d’IPM. Au lieu d’être fixés à la mi janvier comme prévu, ils vont avoir lieu du 9 au 20 décembre. sois donc certaine que le Cdt Delage ne me laissera pas partir à ce moment là et tu sais bien qu’à qqs jours près je m’arrangerai pour passer les fêtes de Noël avec toi et à Marrakech comme je te l’ai dit dans ma lettre de ce matin. Donc fais une petite risette et sois plus contente.
Il fait toujours un froid de canard à Marrakech et demain je me remets en culottes et bottes : je serai mieux ainsi et j’aurai toujours le temps quand il fera meilleur de me remettre en américain. Et ainsi mes chemises me gratteront moins. Toujours entendu pour samedi 4 décembre. Je ne crois pas avoir aucun empêchement et il se pourrait même qu’avant je vienne te prendre à Safi pour aller à Mogador ensemble comme je te l’avais dit. Ce serait sans doute le vendredi 3 et nous irions à Mogador le dimanche. Mais chut n’en parlons pas trop à l’avance je te le confirmerai d’ici très peu de jours. Je vais m’arrêter de t’écrire et me coucher pour lire des journaux que j’ai achetés ce soir. Demain matin je viendrai bavarder un peu avec toi et mettre ma lettre le soir à la boîte pour qu’elle parte sûrement avec le car de samedi afin que tu l’aies lundi. Bonsoir petite vonvon chérie une grosse bise. Dors bien.
Bonjour petit chéri j’ai eu froid encore cette nuit mais j’ai assez bien dormi et toi ? Je vais aller au boulot car j’en ai beaucoup beaucoup en ce moment à cause de la préparation des examens, mais je préfère qu’il en soit ainsi. C’est jeudi aujourd’hui et il me tarde d’être à 1h1/2 pour te téléphoner. Au revoir petite Yvonne je terminerai ma lettre sans doute ce soir…
Vendredi matin. Hier soir j’ai dîné chez Gabanelle avec un monsieur et son fils qu’ils avaient invités. Et comme cette personne n’était pas trop bavarde ils m’ont invité pour tenir un peu la crachoir. J’ai mangé un poulet en sauce qui était délicieux mais pas meilleur que ceux que me fait manger souvent ma petite femme. Cela m’a empêché de t’écrire hier soir.
Ce matin comme hier d’ailleurs j’ai du travail fou à cause des prochains examens d’IPM. J’en suis content car le temps passera plus vite pour moi. Hier il m’a semblé que tu étais plus contente au téléphone, est ce vrai petite chérie? Jackie m’a bien fait rire en me disant « Allo papa » et elle devait être pas mal fière de raconter à ses sœurs qu’elle m’avait téléphoné. A lundi encore entre 10h et midi au bureau de l’école. Je suis content que tu auras ma lettre demain. Le jeune homme doit me la prendre après midi. Que vas tu faire dimanche ? Vas donc te promener un peu avec tes trois mistounes s’il fait soleil. Moi je vais certainement bien m’ennuyer mais je penserai à toi et je t’écrirai encore.
Je n’ai toujours rien de nouveau pour moi et si je suis sûr que je ne serai plus en janvier à la Préparation militaire, je crois bien que nos vacances de Noël se passeront ensemble ici et tu peux croire que cela me fait plaisir.
Au revoir mon petit une caresse à chacune de tes filles. J’espère avoir de toi ce soir.
Ecris-moi souvent. Grosses caresses ton mari qui t’aime bien beaucoup
Marrakech Dimanche 11h 12 décembre
Mon cher petit poulet. Voilà un dimanche que nous ne passerons pas ensemble cette fois ci et combien d’autres par la suite ? Il fait pourtant si beau ce matin ! Tant mieux d’ailleurs puisque cela te permettra de passer une très agréable journée chez Madame Videau avec tes 3 filles. Et j’espère que ce soir une gentille lettre de ma petite vonvon lui racontera un peu ce qu’elle devient. J’espère que tu as reçu pommes de terre et ma lettre que je t’ai envoyées par le capitaine Binet. Mange bien des pommes de terre car je t’en apporterai encore dimanche et je précise bien que tu en trouveras ensuite facilement : c’est bien entendu grâce aux Gabanelle que je peux t’en procurer. As tu vu à ce propos qu’à Casa le prix officiel des p. de terre était 12f le kg alors que dans le bled le prix d’achat aux indigènes est de 3F50.
Es tu allée au ciné hier? J’espère que samedi soir nous nous irons ensemble à Safi et je te préviendrai suffisamment à temps pour que tu puisses retenir nos places Et moi aujourd’hui dimanche je travaille depuis 8 h ce matin. C’est à dire que je me retrouve dans mon élément et mon dieu avec pas mal de plaisir. C’est aujourd’hui que l’on fait l’examen écrit d’IPM : Dictée, composition française et maths. Pendant que mes 28 candidats font leurs math – ils ont fini déjà dictée et comp. française – moi je suis assis au bureau pour t’écrire. Mais ne t’en fais pas personne ne copie car l’adjudant Rommens veille ainsi qu’un aspirant. Quant à Levesque il est à la chasse ce matin, avec mon autorisation bien entendu…
Nous sommes installés dans une grande salle du lycée et tu vois qu’il n’y a rien d’étonnant que je me retrouve dans mon élément. Et à partir de demain et jusqu’à samedi matin inclus l’examen va barder. Pourvu que je puisse être libre samedi après midi ! mais je tâcherai bien de me débrouiller ne te fais aucun souci.
Hier et cette nuit j’étais de service. Je n’ai pas été dérangé une seule fois et j’ai très bien dormi, ce qui est assez rare lorsqu’on est de permanence : mon prédécesseur de la veille avait passé sa nuit blanche à déchiffrer des télégrammes. Aujourd’hui après midi je ne sais ce queje vais devenir car je ne veux pas toujours encombrer les Gabanelle.
J’irai peut être faire un tour en vélo aux environs de Marrakech tout seul en pensant au petit poulet. As tu reçu une lettre des Bénais et as tu pensé à écrire à Elise? Je suis content que tu puisses me faire un pyjama qui ne sera pas un luxe pour moi tu es une bien brave petite femme. Si tu sais les faire et si ce n’est pas trop dur, ne pourrais tu pas me faire des gants de laine ? Je ne crois pas d’ailleurs que cela soit possible car c’est certainement bien difficile de faire des doigts. Mais n’en trouve-t-on pas à vendre? Je me gèle les mains en vélo à 8h du matin et cela me serait bien utile. Passe une bonne journée chez madame Videau et ne racontez pas trop de mal de vos maris qui ont certainement des défauts mais qui vous aiment beaucoup. Oui mon petit poulet ton Georges t’aime bien beaucoup et toi aussi n’est ce pas ? Dis à Paulette Lulu et Jacky d’être bien sages et bien travailler à l’école si elles veulent que le Père Noël les gâte bien à Marrakech. Et toi le Père Noël ne pensera à toi que si tu es toujours bien gentille et si tu n’oublies pas qu’il y a des cars Safi – Marrakech les lundi mardi jeudi et samedi… Au revoir petite chérie, je vais moi aussi faire les problèmes pour les corriger plus facilement. Je t’embrasse bien bien affectueusement et mille fois
Je suis impatient de te revoir.
Marrakech le lundi 13 décembre à 18h.
Ma petite chère, Je crois que j’ai travaillé avec plus de courage encore d’avoir pu te téléphoner après midi. Tu es bien gentille d’accepter que les Gabanelle viennent samedi avec moi et je leur ai fait part de notre invitation sitôt après le téléphone : ils ont accepté et samedi je t’amènerai donc avec moi une pleine auto de monde : madame monsieur et rejeton. Nous repartirons lundi matin de bonne heure car je ne sais pas si je demanderai l’autorisation pour lundi matin et d’autre part le loupiot doit rentrer au lycée de bonne heure. En attendant à jeudi au téléphone à 1h1/2. Tâche de trouver de l’apéro pour dimanche et du vin vieux pour Noël.
Pendant ton séjour ici il est entendu que Jackou couchera avec ses soeurs chez Gabanelle pour nous permettre d’être plus libres et aller par exemple au ciné si on en a envie. Je suis malheureusement de service le 23 jusqu’au 24 à 8 heures du matin mais je tâcherai de me faire remplacer et de prendre mon tour avant. Je te le dirai à temps n’aie pas peur. Toujours rien de neuf pour ma mutation.
Demain après midi je téléphonerai à Rabat à ce sujet car la fin du mois approche et je n’ai toujours rien. Rien de nouveau ici je suis un peu fatigué ce soir car j’ai un bon rhume et j’ai froid. La pluie n’est pas faite pour m’arranger mais je suis sûr que dans 48 h. cela ira mieux : je dois prendre froid en couchant toujours seul dans mon grand lit…
Demain matin le début de l’examen commence à 7h et il en sera de même tous les jours de cette semaine. Mais pendant les fêtes de Noël j’en profiterai pour faire de bien grasses matinées pendant que tu iras chercher le café ?!?!? Non va ne t’en fais pas petit poulet! Tu sais que je t’aime bien quand tu me parles du petit draps. Tu es une bien brave petite fille et je suis heureux et bien fier de t’avoir pour petite femme. sois bien contente et bien calme et tu me feras encore plus plaisir. J’espère que ton mal au ventre et aux reins t’a complètement passé et que tes démangeaisons vont aussi mieux maintenant. Dis moi si tu es allée voir le toubib et ce qu’il t’a dit. Pendant que je t’écris la pluie est en train de se calmer et j’en suis heureux car Marrakech sans le soleil est encore plus triste que d’habitude
Je m’arrête petit poulet excuse ma lettre faite en vitesse mais je ne suis pas très d’aplomb et un peu énervé de mon boulot sous la pluie aujourd’hui et de mon rhume. Je mettrai ma lettre à la poste ce soir et j’espère qu’elle prendra le car demain matin. A jeudi au téléphone et à samedi pour manger une bonne quiche ou des rillettes de ma petite femme. Prends une provision de pinard pour ne pas en manquer le dimanche. Embrasse bien les 3 fifilles pour leur papa et pour toi la plus grosse caresse de ton Georges qui t’aime bien beaucoup et qui pense trop à toi pour être heureux lorsque tu n’es pas là. Encore une bise
Mardi matin 8h
Mon petit chéri. Je viens de me laver et je suis prêt à quitter ma chambre pour aller au boulot mais comme j’ai pas mal d’occupations ce matin sans compter le coup de téléphone à Safi je t’écris vite avant même d’aller prendre mon café. Hier matin j’ai trouvé ta lettre de mercredi arrivée samedi soir. Je l’ai lue bien entendu encore avant de m’endormir hier soir. Ah oui petite chérie, comme je suis de ton avis lorsque tu dis vivement la fin de cette guerre et qu’on revive ensemble comme avant. J’avais pas mal le cafard hier soir et j’ai mis longtemps à fermer l’œil. Mais quelque chose me dit que toi aussi tu devais être ennuyée après nos deux soirées et le dimanche passés ensemble. Je ne veux pas que tu aies le cafard toi petite vonvon. Y a t il du nouveau?
Si oui tu dois être plus contente et sinon telle que je te connais tu dois te faire des cheveux et en cela tu as bien tort d’abord parce que une fois de plus j’aurai raison et ensuite que même si j’avais tort. Qu’est ce que je vais prendre ! Et mon Jackou ? Va t elle mieux ce matin et a t elle repris sa classe ? Dis lui que je voulais bien l’amener avec moi à Marrakech dimanche matin mais qu’elle dormait trop bien lorsque je suis parti. Mais toi tu l’emmèneras avec toi avec les de Johannis n’est ce pas ? A quand le plaisir de te voir arriver à Marrakech et de vous offrir à déjeuner à tous les 3 à la Mamounia, car oui ma chérie, j’ai décidé de t’inviter avec les de Johannis à la Mamounia ? Est ce trop beau pour toi ?
La vente de ma voiture est toujours en suspens et je crois bien que plus cela tarde et moins j’ai des chances de la vendre. Et pourtant je voudrais plus que jamais. Enfin je ne suis pas pressé à la minute et en attendant je m’en servirai le plus possible pour aller te voir.
Delage ne m’a pas encore fixé exactement sa visite. J’attends cela pour savoir si j’irai ou non à Safi. D’autre part il se pourrait bien que je sois de service mais je te dirai tout cela bientôt. Yves est parti samedi matin à Mogador. C’est M. Gabanelle qui me l’a appris. Hier à midi j’ai mangé le couscous chez eux et le soir chez Maurice. Aujourd’hui je vais au cercle mais cela me distrait quand même bien. Quant aux bridges comme tu dis petite Yvonne il n’en est plus question depuis longtemps. Je n’ai pas revu le toubib depuis plus d’un mois, même pas dans le service et je me demande s’il est toujours ici. Bothero est malade à l’hôpital et je suis seul au bureau avec Stambach qui est bien sympathique et cela me permettrad’aller certainement te voir plus facilement.
T’es tu réveillée lundi ! J’avais oublié ton réveil et il faudra que tu me tires les oreilles. Bien entendu tes démangeaisons vont bien puisque je ne suis pas là n’est ce pas ? Au revoir petit poulet ton Georges t’aime bien beaucoup et voudrait bien vite te revoir. Tâche de rester ici le soir quand tu viendras avec les de Johannis et de ne plus partir….
Embrasse toutes les filles pour leur papa. Je compte sur elles pour qu’elles soient sages et travaillent bien en classe. Je m’en vais au boulot.
Une grosse caresse bien bien affectueusement à la petite vonvon de G.