Résumé
Le moral va mieux, bien qu’il n’ait pas été promu capitaine. On apprend que sa Chrysler n’est toujours pas vendue, et qu’il a mangé du perdreau.
Ma petite chérie. J’espère que tu recevras ce mot bien tôt et c’est pourquoi je veux me dépêcher de l’envoyer avant que le courrier ne parte. Ce matin je me suis présenté à mon nouveau Colonel. Il est d’accord pour que j’aille vendredi prochain à Safi. Si tout va bien donc je serai à Safi vendredi pour midi jusqu’à lundi matin. Et c’est toujours cela de gagné, n’est ce pas petite vonvon?
Depuis mon retour je suis un peu malade et je crois bien qu’aujourd’hui j’ai un peu ou beaucoup de fièvre. La nuit mon oreille gauche me fait mal et mon nez est une véritable fontaine. Mais l’espoir d’aller à Safi vendredi me fait du bien et d’ici là tout sera pour le mieux. En attendant j’ingurgite tant et plus du Dagénan qu’un camarade m’a passé ici et je crois que cela me fera du bien. Et toi comment vas tu ? Il me tarde de te revoir et d’entendre dire que tes démangeaisons t’ont passé. Un peu de patience petit poulet et tu verras que tout cela passera bientôt.
Rien de nouveau ici, sinon qu’une fois de plus je suis passé à côté de ma nomination au grade de capitaine tant pis. Hier j’ai eu une explication assez nette avec mon patron et je crois que cela ira mieux maintenant. Je t’en reparlerai d’ailleurs vendredi.
A midi j’ai été invité à déjeuner par les Gabanelle qui m’ont fait manger du perdreau. Ce soir nous allons finir les restes avec la famille Claudia et Maurice, toujours les mêmes.
Mon moral un peu meilleur que la semaine dernière et j’espère, malgré tout partir bientôt, peut être avant la fin décembre. Le sergent de la légion qui est avec moi m’a fait cadeau ce matin d’une cartouche de lucky. Tu parles si je suis heureux d’en fumer quelques unes.
Ma Chrysler n’est pas encore vendue mais j’espère que cela sera fait bientôt. En attendant elle se comporte toujours très bien et fera sans doute de même vendredi prochain…
Je vais aller au bureau maintenant et tu seras bien mignonne d’excuser pour une fois la brièveté de ma lettre. Je n’ai guère le courage d’écrire car je suis un peu à plat.
Au revoir petite chérie, sois très sage et surtout bien calme et à vendredi.
Le petit aspirant aviateur, on a appris en cours de route ses fiançailles officielles avec la petite Vaircelle : tu vois que tu avais raison. Je t’embrasse bien affectueusement comme je t’aime peut être moi aussi j’aurai bientôt une lettre de toi !!

