Marrakech – 24 novembre

Période :

Résumé

Depuis Marrakech, Georges décrit ses journées solitaires entre travail, promenades et dîners chez des amis. Pris par les examens d’IPM, il espère néanmoins passer Noël avec Vonvon. Les appels téléphoniques et les lettres entretiennent le lien, tandis qu’il pense souvent à elle et aux enfants.

Mon cher petit chéri. Comme je suis sage ! Il n’est que huit heures et je suis déjà dans ma chambre. Après mon travail à 6 heures j’ai rôdé un peu dans les rues de Marrakech (sans faire de l’œil aux petites dames !) et à sept heures moins le quart je suis allé au cercle pour dîner. À 7 h ½ j’avais fini et je suis venu dans ma chambre pour t’écrire un peu. Comment vas tu depuis hier mon petit chou ? J’espère que depuis mon départ tes démangeaisons vont beaucoup mieux et que ton bon moral reprend le dessus. Tu dois être en train d’écouter Radio Toulouse au coin de ton feu : comme je voudrais être encore avec toi !

Aujourd’hui j’ai reçu des indications pour les examens d’IPM. Au lieu d’être fixés à la mi-janvier comme prévu, ils vont avoir lieu du 9 au 20 décembre. Sois donc certaine que le Cdt Delage ne me laissera pas partir à ce moment-là et tu sais bien qu’à quelques jours près je m’arrangerai pour passer les fêtes de Noël avec toi et à Marrakech comme je te l’ai dit dans ma lettre de ce matin. Donc fais une petite risette et sois plus contente.

Il fait toujours un froid de canard à Marrakech et demain je me remets en culottes et bottes : je serai mieux ainsi et j’aurai toujours le temps quand il fera meilleur de me remettre en américain. Et ainsi mes chemises me gratteront moins. Toujours entendu pour samedi 4 décembre. Je ne crois pas avoir aucun empêchement et il se pourrait même qu’avant je vienne te prendre à Safi pour aller à Mogador ensemble comme je te l’avais dit. Ce serait sans doute le vendredi 3 et nous irions à Mogador le dimanche 5. Mais chut ! n’en parlons pas trop à l’avance je te le confirmerai d’ici très peu de jours. Je vais m’arrêter de t’écrire et me coucher pour lire des journaux que j’ai achetés ce soir. Demain matin je viendrai bavarder un peu avec toi et mettre ma lettre le soir à la boîte pour qu’elle parte sûrement avec le car de samedi afin que tu l’aies lundi. Bonsoir petite vonvon chérie une grosse bise. Dors bien.

Bonjour petit chéri j’ai eu froid encore cette nuit mais j’ai assez bien dormi et toi ? Je vais aller au boulot car j’en ai beaucoup beaucoup en ce moment à cause de la préparation des examens, mais je préfère qu’il en soit ainsi. C’est jeudi aujourd’hui et il me tarde d’être à 1 h ½ pour te téléphoner. Au revoir petite Yvonne, je terminerai ma lettre sans doute ce soir…

Vendredi matin. Hier soir j’ai dîné chez Gabanelle avec un monsieur et son fils qu’ils avaient invités. Et comme cette personne n’était pas trop bavarde, ils m’ont invité pour tenir un peu le crachoir. J’ai mangé un poulet en sauce qui était délicieux mais pas meilleur que ceux que me fait manger souvent ma petite femme. Cela m’a empêché de t’écrire hier soir.

Ce matin comme hier d’ailleurs j’ai un travail fou à cause des prochains examens d’IPM. J’en suis content car le temps passera plus vite pour moi. Hier il m’a semblé que tu étais plus contente au téléphone, est ce vrai petite chérie ? Jackie m’a bien fait rire en me disant « Allo papa » et elle devait être pas mal fière de raconter à ses sœurs qu’elle m’avait téléphoné. À lundi encore entre 10 h et midi au bureau de l’école. Je suis content que tu auras ma lettre demain. Le jeune homme doit me la prendre après midi. Que vas-tu faire dimanche ? Vas donc te promener un peu avec tes trois mistonnes s’il fait soleil. Moi je vais certainement bien m’ennuyer mais je penserai à toi et je t’écrirai encore.

Je n’ai toujours rien de nouveau pour moi et si je suis sûr que je ne serai plus en janvier à la Préparation militaire, je crois bien que nos vacances de Noël se passeront ensemble ici et tu peux croire que cela me fait plaisir.

Au revoir mon petit une caresse à chacune de tes filles. J’espère avoir une lettre de toi ce soir. Écris-moi souvent. Grosses caresses ton mari qui t’aime bien beaucoup