Résumé
courrier du camp de l’Oukaïmeden, où Georges raconte, entre autre, une randonnée à cheval, pendant laquelle il n’a pas fait le fier…
Ma chère petite Yvonne. Je profite de ce que l’adjudant Romero descend à Marrakech à midi pour venir bavarder un peu avec toi, peut être la dernière fois du camp de l’Oukaïmeden. Voici d’abord l’histoire de mon retour. Bon voyage jusqu’à Marrakech où je suis arrivé à 7h. On est reparti de Marrakech qu’à 9h 1/2 pour être à Ifrane à 11h1/2. Là, le forestier nous a retenu à déjeuner et au dessert,… je me suis endormi sur un divan presqu’à 4h1/2. Je crois d’ailleurs que si on ne m’avait pas réveillé, je dormirai encore. Nous avons fait la route ou plutôt le sentier à cheval pour aller plus vite. J’avais bien un peu la frousse sur mon canasson lorsque le sentier qui était étroit bordait les plus beaux précipices, d’autant plus que l’animal faisait exprès de passer au bord du sentier, mais tout s’est bien passé et on est arrivé sans trop de fatigue à 7h1/2, juste pour se mettre à table. J’ai passé une excellente nuit et je suis à moitié réveillé à cette heure-ci car je n’ai pas encore fait ma toilette dans la rivière. Et maintenant nous allons continuer notre vie de montagnard jusqu’à vendredi soir 3 septembre date du retour à Marrakech. Et puis vivement le 8 ou 10 septembre pour qu’on réalise ensemble tous les projets que tu as pu faire depuis quelques semaines, club nautique, piscine, repas à la plage etc.
En attendant tu ne peux imaginer comme je suis heureux d’avoir pu couper mon séjour en montagne pour quelques heures passées auprès de toi. Et toi aussi, petite chérie, cela t’a t il fait plaisir? Lorsque tu recevras cette petite lettre, tu seras seule et certainement bien reposée et moins énervée. Quand je viendrai je tâcherai de ne pas être méchant envers mon petit poulet qui est toujours bien raisonnable et sage, pas vrai?
Tu dois te préparer à aller au club nautique maintenant. Veinarde va! Mais n’oublie pas que c’est dimanche et qu’il doit y avoir beaucoup de monde aujourd’hui et que ton méchant Georges est toujours jaloux parce qu’il t’aime toujours beaucoup. Pendant les qqs jours qui me restent à passer ici, je vais prendre bien le soleil car je crois que tu vas finir par me battre comme couleur de nègre. Attention aux concours qu’on fera à l’arrivée.
As tu envoyé la lettre de madame Lelong, la douce femme ? Ne te fais pas de souci pour tout cela dont tu n’auras bientôt plus à t’occuper du tout. Pense bien à ton petit mari, cela vaudra mieux. une grosse bise à chacune des trois filles et pour toi une grosse caresse de ton petit mari.

