Oukaïmden – lundi

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Mon cher petit chéri. Hier tard la camionnette est arrivée hier soir assez tard de Marrakech et à mon grand bonheur, elle m’a apporté une lettre de ma petite femme chérie, celle de mardi. Tu es gentille de m’écrire comme tu le fais et même de. me gronder puisque tu me pardonnes aussitôt après. Mais enfin je te dois une explication et la voici. Je suis venu samedi à Safi en resquillant 1/2 journée, celle du samedi après midi. Je n’avais pas d’une manière précise l’autorisation du lundi après midi et au dernier moment j’ai eu peur de la tuile. Tu vois ma petite Vonvon que j’avais de sérieuses raisons de partir. Tu as eu d’ailleurs une fois de plus complètement raison puisque personne ne s’était aperçu de mon absence. Je t’en demande en tout cas pardon surtout de t’avoir fait pleurer et je te fais à la place une grosse bise sur tes jolis yeux. Quant à venir à Safi entre  lundi et jeudi matin il n’y fallait pas songer : j’ai trop eu d’occupations pendant les 2 journées du mardi et du mercredi alors que je partais en montagnes le jeudi de grand matin

J’ai tout de même été embarrassé jeudi de grand matin de l’idée que tu avais eue de me voir arriver. Non petite fille, malgré toute ma volonté et mon esprit un peu débrouillard pour ces choses là il ne me sera pas possible de te voir avant samedi 11 septembre et tu peux croire qu’il me tarde d’y être.

Je t’envoie une lettre reçue hier en même temps que la tienne de Clifford. Tu avais bien raison, il est en Sicile. Je lui écrirai d’ici un de ces jours. Je t’ai dit hier dans ma lettre que je partais en randonnée jusqu’à jeudi Je t’écrirai donc vendredi matin et je ferai descendre la camionnette le même soir presque exprès pour te porter ma lettre.

As tu reçu enfin mes lettres ? Comme c’est long tout cela. Rappelle toi aussi au début lorsque j’étais à Colomb Béchar. Ne te fais pas de souci pour moi ici : Je ne me casserai rien et serai bien sage. C’est le 5e jour qu’on est ici et il semble tout drôle de ne pas avoir de journaux, ni de T5F. Comme au fond la vie serait belle si tout cela n’existait pas et si les guerres n’existaient pas ? Pas vrai mon chérie pourquoi sommes nous donc si souvent séparés ?

J’ai ta lettre devant les yeux. Tu voudras bien prendre l’habitude de terminer au moins les 2 pages ou alors gare aux fessées lorsque je te reverrai… J’espère bien jeudi avoir au moins deux lettres de toi. On m’a téléphoné de Marrakech que j’aurais pas mal de lettres sur mon bureau. On m’a aussi demandé si j’étais volontaire pour partir aux colonies et j’ai répondu « non ».

[en marge : au revoir petite Vonvon une grosse bise de celui que tu appelles ton méchant mari]