Oukaïmeden – 22 aout

Période :

Résumé

Le 22 août, une longue lettre, où Georges parle des ascensions qu’il a fait avec ses soldats, des activité, sport, tir, pêche à la truite, et de leur anniversaire de mariage, avec une référence à la robe d’Yvonne et à leur séjour à Saint-Lager-Bressac, donc avant leur mariage…

Mon joli petit chéri. Tu ne peux t’imaginer la joie que j’ai eue hier en pouvant bavarder un peu avec toi au téléphone. Je croyais bien que jamais je ne pourrais me faire entendre à Safi et j’ai été heureux comme un gamin lorsque j’ai entendu ta voix. Mais comme tu étais essoufflée d’avoir couru à cause de ce méchant mari qui te faisait venir à 8 heures comme il te l’avait promis… J’ai dormi en pensant à toi cette nuit et tu sais Je t’aime vraiment beaucoup, peut être plus encore depuis que tu as été bien malade. Puisse ce sentiment de moi pour toi te faire prendre tes petites misères et notre séparation en patience. Nous ne savons encore ni l’un ni l’autre ce que nous réserve l’avenir au sujet de notre séparation. Sans doute faudra-t-il se quitter pour de longs mois mais toujours, n’est-ce pas, chérie, nous nous aimerons bien, nous nous penserons bien l’un à l’autre et nous nous écrirons souvent. En attendant ce moment qui, je le crains, viendra bientôt, profitons de moments où nous pourrons nous voir : dans qqs jours je serai à Safi, et c’est pour moi une bien grande joie de penser que je pourrai te gâter le plus possible.

Garde bien ton calme d’ici là, pas d’énervement inutile et nuisible pour ta santé, mange bien, soigne-toi bien car je veux retrouver le petit poulet bien portant et bien calme. Et aussi pense bien à moi, n’est-ce pas chérie?

Du lundi 30 août au jeudi 2 septembre nous recommencerons nos exercices militaires à l’Oukaïmeden ou peut-être déménagerons nous un peu dans la montagne en faisant qq ascensions de sommets comme celle que l’on a faite hier en grimpant à 3600 m à un sommet qui domine l’Oukaïmeden, et où il faisait un froid de canard.

Et vendredi 3 au soir nous rentrerons à Marrakech. J’irai bien entendu te voir le samedi 4 pour revenir le lundi matin de bonne heure, mais comme cela me paraît être loin. Je pourrai, si vous le voulez, ramener Claudia à ce moment-là. Et je reviendrai sans doute à Safi du mercredi 8 au 29 septembre. Comme il me tarde d’être à ce moment-là ! Et toi petite chérie ?

Tu as bien fait de prendre tes repas à l’internat comme cela tu t’évites bien de la fatigue et bien du souci. Tu auras bien le temps de te remettre à ta bonne petite cuisine quand je serai avec toi et quand tu seras seule. as-tu reçu ma lettre de mardi envoyée de Marrakech et dans laquelle je te parlais de la vente de la Renault. Écris-moi toi aussi bien souvent jusqu’au 31 août pour que j’ai tes lettres avant le 6 septembre. Pendant notre séjour au camp on les fera prendre à Marrakech tous les 2 ou 3 jours.

Aujourd’hui c’est dimanche. Je t’écris pendant que tout le monde est en promenade dans la vallée. Je suis installé dans notre chambre du refuge et après t’avoir écrit je me raserai et me laverai à la source qui sort du rocher tout près d’ici et par où coule une belle eau claire et bien fraîche.

Ce soir, pendant que tu seras sans doute à la plage nous ferons du sport devant le refuge volley-ball sans doute et nous ferons du tir.

Après-demain mardi je pars à 6H du matin avec un groupe d’élèves à Timichi, refuge situé à 6H de marche d’ici. Yves est dans ce groupe bien entendu. C’est là que j’espère prêcher la truite.

Mercredi 25 août nous irons de Timichi à Tachdirt où nous coucherons.

Jeudi 26 nous rentrerons à l’Oukaïmeden.

Je te téléphonerai donc non pas samedi mais jeudi 26 entre 8h 1/4 et 9H chez Mme de Johannis. Je vais t’envoyer un télégramme pour te le faire savoir. Espérons que l’on pourra s’entendre comme hier.

Samedi 28 et dimanche 29 j’aurai la visite du Général Paris et de qqs huiles. Si la pèche a été bonne à Timichi, je les amènerai là-bas.

Et j’espère bien trouver une dernière lettre à mon arrivée à Marrakech. Ce soir la camionnette remonte et je compte avoir une bonne lettre du petit poulet que j’aime tant.

J’espère te revenir musclé, noirci et rajeuni de 10 ans. Attention à ne pas reprendre le béguin de moi! Je suis méchant hein petit poulet? N’oublie pas de bien penser à moi le 27 août date de l’anniversaire de notre mariage. Le souvenir du petit poulet avec sa longue et belle robe blanche, et de notre petit séjour à St-Lager-Bressac. Ah ! Je vais m’arrêter car je crois que ma lettre commence à devenir un véritable journal. Et puis l’heure tourne et j’ai déjà une barbe de 4 jours. Comme je dois piquer! Mais aujourd’hui dimanche je veux me faire beau

Au revoir donc, ma petite Vonvon que je n’aime plus sois toujours bien mignonne et bien sage, tu sais bien comme je veux que tu sois toujours. Embrasse bien les 3 petites pour leur papa ainsi que la famille Claudia

Et pour toi mille grosses bises et caresses de ton petit mari qui t’aime bien beaucoup