Saint-Lager-Bressac – le 29

Période :

Résumé

Le 29 mai, sans doute, Georges évoque un retour à moto difficile, la visite d’Yvonne et des propositions d'affectation

Mon petit poulet, j’ai bien chaud et je n’ai pas beaucoup de courage. Mais je veux que tu aies ma lettre demain matin afin que tu sois bien contente. As-tu reçu ma lettre ce matin ? et es-tu contente de ton grand de toi ?

Hier soir, je suis revenu vers onze heures moins le quart, mais je n’y voyais rien du tout, et j’ai marché tout le long à vingt à l’heure à peine. À un endroit même, un peu plus loin que Chomérac, j’ai monté sur un tas de cailloux avec la moto et j’en suis redescendu sans me tomber. Mais j’ai eu un peu peur, tu sais ?

Allons, entendu pour dimanche, pas ? Prenez le train de Privas à 10 h 19 et venez directement chez moi. Je ne pourrai pas aller vous attendre à la gare à cause du travail à la mairie le dimanche matin. Je vous préparerai en revanche un bon café, et nous préparerons ensemble le dîner, ou plutôt c’est toi qui le prépareras, comme chez toi, pas mignonne ? Quelle bonne journée nous allons passer, dis.
Nous ne serons pas tous les deux seuls, mais nous serons chez nous, et nous ferons comme si c’était nous deux qui invitions les petites Raphanel. À propos donne-leur le bonjour de ma part, et demande-leur si elles ont digéré la limonade.

Ce soir donc je partirai pour Vals et passerai devant ton sanctuaire à 5 h et quart. Tu viendras me dire bonjour, pas poulet ? Et puis je n’en reviendrai que vendredi matin. Le soir, j’irai te voir, et je ferai tout ce qui dépendra de moi pour mettre nos invités à la porte le plus vite possible. Pourvu que je puisse arriver à six heures.

Dis, petite mignonne, je suis bien bien content d’être resté plus longtemps hier soir. Je t’aime beaucoup, ma chérie, et je veux que tu en sois bien persuadée. Tu seras heureuse avec moi, va, et je sais que tu feras tout pour que je le sois, pas vrai?

Mes gosses m’ont apporté ce matin un joli bouquet de roses, tu sais, qui sent rudement bon. Je voudrais bien t’en donner une, peut-être ce soir si je te vois.

Le facteur vient de rentrer et de m’apporter encore des renseignements sur deux ou trois postes d’instituteur. J’ai aussi une carte de Lapierre, très longuement rédigée : « Je t’en serre cinq » me dit-il et c’est tout. Moi je trouve que c’est suffisant, car au moment où il fait cette carte, cela me prouve qu’il pense à moi.

Ma chérie, n’oublie pas de m’écrire demain une longue lettre, tu me feras bien, bien plaisir.Je t’embrasse mille fois, bien affectueusement, comme je t’aime,
ton grand de toi.