Résumé
Arrivé après plusieurs jours de déplacements, l’auteur écrit brièvement depuis une ville proche de Paris. Entre fatigue et guerre en cours, il évoque l’accueil enthousiaste de la population, reste discret, et promet d’écrire plus longuement une fois installé.
Mon cher chéri,
Si tu savais comme on trotte depuis quelques jours ! Tu ne m’en voudras pas de ne pas t’écrire longuement aujourd’hui, mais je viens à peine d’arriver dans ma nouvelle cité. Guerre de mouvement, que veux-tu ? Et je crois fort que ce n’est pas fini, et que notre séjour ici ne durera que quelques jours. Remarque bien d’ailleurs que tout cela serait plaisant si on était en temps de paix et en tourisme. Malheureusement, il n’en est rien, et l’on se bat pas loin de chez nous.
Assez parlé d’ailleurs des choses militaires. Il vaut toujours mieux être discret, puisque le contraire est défendu. Ne penses-tu pas ?…
En tout cas, je n’aurai jamais cru être si près de Paname, et si tôt. J’irai d’ailleurs y faire une visite dès que possible, tu peux le croire. Ici, je suis logé à l’hôtel. La population nous a reçus avec un enthousiasme plus que formidable, et vraiment, tu sais, il fallait, il était temps que les Français et les Alliés arrivent ici.
Demain, je t’écrirai plus posément, car je dois faire toute mon installation aujourd’hui. Au revoir, chérie, n’en veux pas.
Une grosse, bien grosse bise à tous de ton petit
Eugène
