Vals – Vendredi matin

Période :

Résumé

À Vallon, il dit avoir vu Merle et plaisante jalousement en lui recommandant de se méfier des garçons à Privas.

Petite amie, je voulais bien t’écrire hier au soir à mon retour du Teil mais j’étais trop fatigué et suis allé me coucher de très bonne heure. Je me suis donc contenté de mettre à la poste la carte que j’avais oubliée dans mon portefeuille au Teil. Petite mignonne après-demain j’irai te voir. Je partirai de Vals sans doute le dimanche matin et dînerai chez ma cousine Je pourrai donc te voir à la sortie de la messe. Ne trouves-tu pas le temps un peu long cette semaine? Je suis bien sûr que si, puisque moi qui me promène, qui passe d’assez agréables journées, il me semble qu’il y a un siècle que je ne t’ai vue et il me tarde bien d’être à dimanche. Nous n’irons pas au cinéma, pas mon poulet ?

Nous irons nous promener au bois… Je coucherai à Privas et en repartirai de grand matin pour Bourg-Saint-Andéol où je dînerai chez Péatier qui m’attend. De là je repartirai dans l’après midi chez Escouffier en amenant Péatier avec moi. Nous avons combiné tout cela hier au Teil et nous retournerons à Vallon car toute la famille Escouffier sera réunie ce jour-là et on nous y attend sans faute. J’y retourne d’ailleurs avec plaisir car j’ai été vraiment très très bien reçu chez Escouffier ces jours-ci. Hier au Teil notre journée a été bien remplie par toute une série de discussions sociales bien passionnantes et pour lesquelles je veux m’attacher avec force. Lundi j’aurais bien voulu rester encore à Privas et cela m’ennuie bien un peu à la pensée que je ne verrai pas mon poulet ce jour-là, mais Escouffier et Péatier ont tant insisté que j’ai fini par céder. Nous nous rattraperons dimanche, pas mignonne ?

Que fais-tu en ce moment : je te vois à la Trésorerie et je voudrais bien passer devant la fenêtre pour que tu te dresses vite afin de dire bonjour à ton Georges.

Les deux petites lettres que tu m’as adressées m’ont fait bien bien grand plaisir. Dis j’en recevrai bien une autre, bien longue, cet après-midi. Il me semble que nous nous parlons lorsque je lis une de tes lettres ou lorsque je t’écris et cela fait diminuer un peu la peine que j’éprouve à ne pas être avec toi.

Qu’il me tarde d’être à dimanche, petite chérie, et qu’il me tarde de te tenir bien serrée dans mes bras…

Je vais te quitter en pensant à ce dimanche. Pourvu qu’il ne pleuve pas !

À dimanche ! Ton Georges te dit qu’il t’aime beaucoup beaucoup et te fait bien des caresses

[en PS : Je voudrais bien te passer un des gâteaux ou quelques boules de chocolat qui se trouvent à côté de moi, pendant que je t’écris.

À Vallon j’ai vu Merle !??!!!!

Et attention aux garçons à Privas ( Oh ! Le vilain jaloux!)]