Marrakech – 8 juin

Période :

Résumé

Le 8 juin, Georges est à Marrakech, avec beaucoup de travail, tandis qu’Yvonne est à Safi, malade et alitée. Georges envisage de la faire venir à Marrakech pour la soigner.

Mon cher petit poulet.

Il est 10 h du soir. Je viens de dîner chez Maurice après avoir téléphoné à Lulu et je suis bien ennuyé de te savoir toujours au lit, sans la possibilité d’aller te voir. En effet mon petit chéri je suis cette semaine plus occupé que jamais, des tentes à obtenir, du matériel, du ravitaillement, des transports, je n’en finis plus et pourtant ce camp est bien décidé et en train. Comme je l’enverrais promener volontiers si je le pouvais, hélas !

Lulu m’a dit ce soir que tu allais mieux mais que le docteur t’avait recommandé de garder le lit. Est-ce bien vrai tout cela ? Je suis sûr que dans quelques jours tout ira bien pour toi mais en attendant je me fais beaucoup de souci car je crains que tu perdes patience et que ton moral en souffre.

Pourtant voici ce que je te propose : patiente jusqu’à la semaine prochaine encore. Si jeudi ou vendredi ton état est toujours le même je vais te chercher à Safi et  te faire soigner ici, chez madame Burer avec docteur Modot comme l’a fait madame Pandelé, qui est déjà guérie… (Ce n’est pas juste) Donc mon chéri prends bien patience, soigne-toi du mieux possible et la semaine prochaine on s’arrangera pour que tout soit terminé car je comprends très bien va et j’en souffre pour toi, que tu trouves le temps long. Mais moi qui t’aime beaucoup beaucoup, et qui ai le bien grand souci d’être séparé de toi même si tu te portais bien, je veux que tu aies confiance en une prompte guérison et je veux que tu gardes toujours ton sourire, ce sourire que j’aime tant voir sur tes jolies lèvres. Après tous tes petits soucis et après les examens de PM, je prendrai une permission de 6 jours et je te promets d’avance de tant te gâter que tu oublieras vite tes petits malheurs et que tu en aimeras encore davantage ton méchant petit Georges qui te laisse seule à Safi lorsque tu as du bobo.

Si je peux cependant, je m’arrangerai pour aller te voir à l’improviste un de ces soirs quitte à revenir le matin de bonne heure car je ne veux pas rester longtemps séparé de toi lorsque tu es au lit. Fais-moi confiance tu sais bien que je m’arrangerai pour ne pas te laisser seule.

En attendant, veille comme tu le peux à ta petite maison. Ne te fais pas de souci pour les bêtises d’Yves et pense un peu à ton Georges bien malheureux d’être en ce moment séparé de toi.

Au revoir mon beau petit poulet, je t’aime beaucoup beaucoup et je ne sais que dire pour te le prouver. Je t’embrasse mille fois sur ton petit front et bien gentiment. Je vais me coucher en pensant à toi.

Ton grand