Marrakech – 5 avril 1943

Période :

Résumé

Une courte lettre où se mettent en place des éléments de sa vie militaire au Maroc, avec des souci concernant la santé de sa femme, ses visites à ses frères, ici Maurice, et le sport.

Mon cher petit poulet

Avant de me coucher je te fais le chèque que tu m’as demandé au téléphone, de 3000F. Touche-le au Crédit Lyonnais en signant tout simplement derrière. Si tu n’en as pas assez, tu me le diras dimanche prochain.

Je viens de souper chez Maurice. Repas pas très gai car cette Maurice était plutôt noir, d’avoir bu sans doute trop de vin en travaillant. Jojo toujours mal élevé et Claudia au lit avec un peu de fièvre encore, ce qui ne l’empêche pas de manger des côtelettes entières. Claudia toujours aussi vive. De toutes façons j’ai mon tonneau de confiture d’orange que je t’apporterai samedi et que j’ai payé (800F, tu me ruines) à 17.75 le kg.

Je suis déçu de tout ce que tu m’as dit au téléphone. D’abord de te savoir toujours l’enrhumée. Tu sais que les rhumes persistants peuvent devenir très graves et qu’il ne s’agit pas de s’en amuser. Soigne donc le bien et ne sors pas le soir de la maison surtout si le temps continue à être humide. Et puis de la lenteur avec laquelle se passe ce que tu sais. Malgré tout le désir contraire que j’ai eu tu me comprends. Je serais heureux de te voir débarrassée de tout souci à ce sujet. Prends cependant patience et tu verras que tout ira bien. Si tu es trop ennuyée pense à ton petit Georges qui se morfond sans toi, surtout que j’ai beaucoup de travail et que cela m’aide à passer le temps.

Aujourd’hui j’ai fait une partie de tennis avec mon voisin de chambre. Il ne joue pas mal du tout et m’a battu par 7/5. Je me fais vieux tu vois et je perds toutes les forces lorsque tu n’es plus là.

Au revoir chérie. Il est 10h du soir et j’ai sommeil car depuis qqs nuits je ne dors pas très bien. Je vais penser à un dans mon lit, et toi aussi sans doute,

Bises à toute la maisonnée. Et pour toi bien sûr une grosse caresse de ton grand