Marseille – 7 aout 1942

Période :

Résumé

Le 7 août, Georges est à Marseille avec sa belle-soeur Marguerite, il fait des course avant son départ prochain. On y apprend que c’est sur le Maréchal Lyautey qu’il fera la traversée entre Marseille et Casablanca, que c’est sur ce bateau qu’ils ont fait en 1931 leur premier voyage.

Mon cher petit bout de femme, me voilà donc sur la route du retour depuis hier, et je suis heureux de penser que je te reverrai bientôt. Je suis à Marseille depuis hier avec Marguerite, qui est venue m’accompagner. Nous sommes partis de Valence à 2h, hier après-midi, et après un voyage, bien entendu debout dans le couloir, un peu fatigant nous sommes arrivés à Marseille, où nous avons trouvé, comme chambre, une cave aménagée pour Marguerite et moi un lit dans un salon de l’hôtel au rez-de-chaussée. Aujourd’hui, nous avons quand même deux chambres au quatrième étage. Le bateau devait tout d’abord partir aujourd’hui, puis ce matin on nous a dit qu’il ne partirait que demain, avec embarquement à 5h de l’après-midi. Malgré ce retard imprévu, je pense être à Casa vendredi prochain. C’est sur le Maréchal Lyautey que je m’embarque, celui qui nous avait amenés lors de notre premier voyage au Maroc.

J’ai couru ce matin avec Marguerite tous les magasins de Marseille pour faire des achats. Il est bien difficile de trouver ce que l’on veut, mais j’ai pour l’instant réussi à te trouver une belle ..… Je te le dirai en arrivant à Casa, car Marguerite est avec moi et me conseille de ne pas te dire à l’avance et comme elle a raison il ne te reste plus qu’à attendre et à deviner…

Pour Jackie, j’ai un violon et une petite poupée pour Yves, pas d’harmonica, malgré toutes mes recherches. Si tu en trouves un à Casa, je te permets de le lui acheter pour moi, et en attendant je lui apporte un petit rétroviseur de vélo. J’ai dû aussi acheter deux valises nouvelles, et assez grandes encore, pour me permettre de caser tout ce que j’ai acheté ou reçu car j’ai été bien gâté par tous. L’essentiel est que la douane de Marseille me laisse sortir tout cela de France car je ne sais pas si c’est possible pour tout. Tâche de voir avec M. Bénais, un douanier de connaissance au débarquement, et surtout, n’oublie pas de venir à l’arrivée du bateau si l’heure est raisonnable.

En attendant, sois toujours bien gentille, pense bien à ton petit mari qui t’aime bien, et compte les jours qu’il nous reste, et bientôt les heures… Je t’enverrai un télégramme demain pour t’annoncer le départ du bateau.

Je vais maintenant sortir, pour faire balader un peu Marguerite dans Marseille qu’elle ne connaît pas et aussi pour passer aux wagons lits pour retirer mon billet de bateau. Marguerite retournera demain à La Voulte après avoir fait un petit ravitaillement, peut-être avant le départ du bateau à cause de l’heure tardive.

Au revoir, petite chérie, embrasse…

[en marge : bien les petites pour moi bonjour aux Bénais et une grosse bise et une caresse pour toi de ton grand Georges]