Résumé
Encore un lundi, avec un résumé du week-end, un mot sur le rugby et sur les cours que Georges donne à l’EN.
Sans blague, je ne vous verrai pas ce soir, petite mignonne ? Il me semble que ce n’est pas vrai, car je commençais à prendre l’habitude de vous rencontrer souvent, pas assez souvent à mon avis.
Dites jolie petite fille, savez-vous que j’ai rêvé à vous cette nuit ? Nous partions tous deux en auto, dans une Amilcar sport et nous ne nous arrêtions jamais. Puis je ne sais plus.
Hier soir nous sommes allés au ciné, mais j’ai bien tellement pensé à vous que je n’ai guère suivi le film, mais qui m’a fait l’effet d’être très bien comme mise en scène surtout et peut-être seulement ! Dites Yvonne j’aurais bien voulu vous avoir à côté de moi, à ma gauche, et je crois bien que mon épaule gauche aurait supporté, pendant toute la soirée, une mignonne petite tête blonde, n’est-ce pas ?
Ce matin je suis mort de fatigue. Voilà ce que c’est que de jouer au rugby. Chaque fois, il en est ainsi et pourtant je sais que je ne ferai jamais autrement car j’adore ce sport. Ne me défendez pas de le pratiquer, voulez-vous ?
Dites-moi vite que nous nous verrons mercredi à 6 h au square où je vous attendrai. Et si par hasard on pouvait se voir avant, faites-le-moi savoir, sans oublier que le mardi je dois rentrer à 6 heures à l’EN, peut-être mardi après souper. Enfin voyez vous-même mais méfiez-vous bien car je ne veux pas qu’à cause de moi vous soyez grondée par votre maman.
Et puis n’ayez plus de chagrin comme samedi soir. Dites vous que votre grand vous aime bien et que vous êtes sa petite de lui, voilà je le veux comme ça moi !
Je suis en colère contre la personne qui vous a causé ce chagrin samedi soir et je voudrais bien savoir qui c’est car ce n’est vraiment pas “chic” de sa part. Enfin passons ?
À 2 heures je ne vous verrai pas sur l’Esplanade car j’ai une heure d’éducation physique avec les Normaliens.
Je vous quitte, mignonne qui se fait aimer, peut-être recevrai-je une petite lettre de vous ? Oui, pas ?
Je vous serre bien fort dans mes bras et je vous embrasse mille fois.
Votre Georges
Encore un baiser de moi
ci-joint un compte rendu du match de L’Argentière que je relève dans un journal mais n’en dites rien, vous serez bien sage

