Résumé
Lettre plus légère : il raconte un tournoi de tennis gagné, une promenade en jeep et un moment de détente. Malgré cela, il reste inquiet du manque de nouvelles de sa famille et exprime son affection et son impatience.
Bonsoir chérie, je parie que tu dors déjà alors que moi je viens ajouter un mot à ma lettre d’hier. Aujourd’hui je suis plus content car malgré un peu de vent il a fait beau toute la journée. Aussi après-midi ai-je expédié mon travail pour aller faire mon tournoi de tennis et remettre à demain quoique dimanche, le reste de mon boulot. Te rends-tu compte que ton grand mari est champion en double mixte de [texte raturé] mon village ! On n’a en effet fait que des mixtes et j’avais pour partenaire la dame qui nous a invités à souper chez elle l’autre soir avec Denis. Celui-ci n’a d’ailleurs pas joué car il était en ville pour se faire soigner les dents. Il y avait huit équipes engagées et on a joué sur les deux courts. J’étais bien en forme et je n’ai pas perdu un seul set, les parties se faisant toutes en un set. Ce qui est marrant c’est qu’il y avait des petits vieux qui prenaient part au tournoi. Pas de prix hélas mais cela m’a fait plaisir quand même. Mais qu’est-ce que cela aurait été si j’avais eu ma petite femme pour partenaire !!
Après dîner il faisait tellement beau que j’ai pris, seul, ma jeep découverte et je suis allé faire un tour dans la campagne. Je suis même rentré dans un bois magnifique où les lièvres, les lapins et les perdreaux s’enfuyaient à peine devant moi et où le sol était couvert de fraises des bois, malheureusement pas encore mûres. Maintenant il est 11 h et je vais me coucher. Demain je travaillerai sans doute tout le jour, tout comme dimanche dernier et je n’oublierai pas de mettre ma lettre de bonne heure, car le courrier part tous les jours à huit heures. Je n’ai toujours rien de toi et cela me fait toujours beaucoup de peine. Envoie-moi donc un télégramme, peut-être l’aurai-je plus vite, si tu ne l’as déjà fait. Il paraît que nos lettres ne mettent que 48 h pour aller en Afrique du Nord et si c’est vrai cela me tranquillise un peu. Fais une grosse bise pour leur papa à mes grandes filles, deux au Jacquou et trois au petit bébé s’il est là quand tu recevras ma lettre (fille ou garçon ?).
Bonne nuit chérie, je vais penser encore à toi. Je t’embrasse bien bien tendrement comme je t’aime,
Georges
