Vals – Lundi

Période :

Résumé

Georges écrit à « son poulet » depuis Vals : il regrette Privas, pense à elle avec tendresse et espère la revoir vendredi si elle est libre. Il réclame une réponse rapide et exprime sa jalousie affectueuse.

Petit poulet, ton Georges t’envoie vite ce petit mot pour te dire qu’il pense bien à toi et qu’il préférerait être à Privas auprès de sa mignonne petite fille, au lieu d’être à Vals. Les vacances nous ennuient, pas poulet ? À 6 heures, j’ai bien pensé à ma petite, que j’aurais vu cinq petites minutes si j’étais resté à Privas. 

Parti de Privas à 3 h moins 5 j’étais à Vals à 4 h moins 20 sans aucun arrêt, même pas chez Paulet. En arrivant, je suis allé faire un tour au cimetière et je suis resté avec ma sainte famille jusqu’à maintenant. Je me suis vite éclipsé cinq minutes pour bavarder un peu avec le poulet.

As-tu bien pensé à ton Georges, mignonne? Et surtout n’as-tu pas oublié de lui envoyer un petit mot ? Ton Georges t’aime beaucoup vois-tu et il voudrait bien tenir sa petite poupée dans ses bras, comme hier au soir, t’en souviens- tu, ma chérie?

Dis, petite chérie, si tu peux ne pas travailler vendredi après-midi, j’irai te voir ce jour-là, mais seulement à cette condition, car je ne crois pas qu’il me soit possible de partir de Vals avant 2 h et il me faudra rentrer vers 6 h ou 6 h ½.

Tâche de t’arranger pour ne pas travailler ce jour-là dans l’après-midi et nous pourrons rester de 2 h à 5 h ½ ensemble. Dis ma chérie, n’est-ce pas possible ? Pour ton Georges, qui t’aime beaucoup, tâche qu’il en soit ainsi. Afin de pouvoir me prévenir à temps, envoie-moi mercredi matin, sans faute, une carte postale sous enveloppe à l’adresse de
M. GB., réunion de l’Enseignement,
Café Bouton Le Teil
et dis-moi de venir vendredi, pas ? Que je le voudrais !
Jeudi n’oublie pas la longue lettre à ton Georges. Et puis sois bien sage, ne parle pas au petit soldat, ni au grand, car ton grand est un vilain jaloux et ça lui fait de la peine.

Le père Blanchard m’appelle pour dîner. Je quitte vite mon poulet, car je veux que ma lettre parte ce soir.
Je te fais bien beaucoup de caresses et serre bien fort dans mes bras.

Ton grand de toi

Notes

(*) Georges et Yvonne se marieront finalement le 27 août 1929, le même jour que Simone (cousine d’Yvonne) et Auguste, manière de réduire le nombre d’invités… et donc les frais.