Résumé
Le 3 février, petit courrier pour essayer d’organiser une visite à Safi, pendant ses multiples déplacements professionnels.
Ma chère petite chérie. Je n’ai rien eu de toi ce matin mais suis sûr que demain je serai gâté par une gentille lettre de toi que j’attends avec certitude. Je ne sais pas si demain je vais pouvoir te téléphoner car j’attends la visite du Cdt Delaye dans la matinée et j’ignore si je pourrai être libre. Il ne faudra pas m’en vouloir et je le ferai si je puis être libre un moment.
Samedi matin nous partons faire notre randonnée en montagne. Nous serons samedi soir au Tizi n’Test, dimanche soir à Ouarzazate et lundi soir à Marrakech. Mardi matin je partirai avec la camionnette du poisson pour Safi où j’attendrai le commandant Delaye qui passe là-bas mercredi. Lévesque viendra me rejoindre mercredi matin à safi et nous partirons tous ensemble à Mogador, Agadir et Taroudant.
Il se pourrait toutefois que je ne puisse venir mardi mais seulement mercredi. Cela m’ennuierait d’ailleurs car on doit repartir mercredi soir pour Mogador mais je compte bien m’arranger pour être à Safi mardi matin ou plutôt comme l’autre jour dans l’après midi vers 5 heures. A cause de tous mes déplacements je ne pourrai sans doute pas te prévenir par téléphone. Mais attends toi à me voir venir mardi après midi ou au plus tard mercredi matin. Cela me fera toujours passer 8 jours de sortie et j’aime autant cela tu n’en doutes pas toi qui sais que j’aime bien avoir la bougeotte. Delaye voulait même nous emmener demain à l’Oukaïmeden mais je ne crois pas que cela soit possible à cause de notre départ de samedi matin, et je dois d’ailleurs lui téléphoner ce soir à ce sujet.
Pour moi toujours rien de nouveau sauf la lettre que je te joins et qui prouve que ma mutation est en cours sans rien de plus. Et toi que racontes tu mon petit poulet ? Est ce que ton ventre ou tes démangeaisons ne t’embêtent pas trop en ce moment il n’y a que quelques jours que j’étais à Safi et pourtant il me semble qu’il y a un siècle que je ne t’ai vue. Je n’oublierai pas de t’apporter ma crème pour la peau et le petit salé que je t’ai acheté et qui sèche chez les Gabanelle. Je viens d’être de service deux jours et 2 nuits de suite sans heureusement être trop dérangé. Hier soir on est allé au ciné voir jouer « la femme que j’ai tant aimée » avec Arletty, Noël Noël J. Tissier Barroux etc… c’était bien marrant et si on le joue à Safi n’oublie pas d’aller le voir car cela vaut vraiment la peine. Lévesque m’avait remplacé à l’État-Major de 8h à 11h du soir car c’était le dernier jour où l’on jouait ce film.
Aujourd’hui j’aurai un gros travail à faire d’autant plus que je veux être libre de tous soucis « professionnels » d’ici demain à cause de nos randonnées. Je préfèrerais faire cette grande balade tout de même avec mon petit poulet, seuls dans notre auto. Espérons quand même que ce temps là reviendra bientôt et qu’on pourra vivre dans de meilleures conditions que maintenant, sans jamais plus se séparer, même pas pour huit jours comme on faisait avant la guerre…
Je viens d’avoir Delaye au téléphone il n’arrive que demain vers midi. Je pourrais par conséquent te téléphoner et j’en suis content car j’ai hâte d’avoir des nouvelles de vous tous et surtout de mon petit poulet.
As tu revu madame Videau depuis son départ et avez vous dîné chez elle? A t elle eu des nouvelles de son mari ? Si non je crois qu’elle peut se faire une certitude qu’il est parti en Italie avec les autres.
Dis moi aussi si les filles ont bien travaillé cette semaine et pour une fois je te demande de ne plus m’écrire d’ici quelques jours puis je serai absent jusqu’au 12 et sans doute de service le dimanche 13 février hélas ce qui m’empêchera d’aller te voir une fois de plus.
Au revoir petite Yvonne embrasse bien les filles pour leur papa et pour toi ma meilleure caresse ton Georges qui t’aime bien beaucoup.
A demain au téléphone



