Résumé
Georges fait référence à une lettre d'Yvonne qu'il aurait perdu. Nous l'avons, elle est en dessous.
Mon cher petit. Je suis bien à peu près persuadé que tu recevras ce mot après la disparition de ta maman, mais je veux quand même te l’envoyer, même s’il arrive après moi.
Je sais trop la peine que tu peux avoir depuis quelques jours et je devine si bien celle que tu as maintenant pour venir te dire une fois encore que je veux que tu saches bien que je la partage aussi. Tu as été admirable avec ta maman, ta pauvre maman certainement si heureuse de t’avoir avec elle à la fin de cette longue et si cruelle maladie. Et cela d’autant plus que ta santé ne te permet pas de supporter tout cela comme d’autres, bien portants, le feraient. En t’écrivant je pense à la si gentille lettre que tu m’avais envoyée lors de la mort de ma mère. Je ne l’ai pas conservée, et je le regrette, mais je sais qu’elle commençait par ces trois mots « mon pauvre chéri ». Et moi aussi je te dis « ma pauvre chérie ». Je ne sais te dire rien de plus. Sois bien forte et après tu reviendras ici au calme pour te faire soigner et remonter par ton Georges qui t’aime trop pour ne pas souffrir un peu avec toi en ces moments si pénibles. À bientôt donc et je t’embrasse.
Notre voyage retour s’est mal passé. À Montélimar, à la suite de circonstances dont je suis un peu responsable (mais qu’un peu) un motocycliste lancé à toute vitesse nous est rentré dedans sur la partie gauche et avant de la voiture. Il n’y a rien de grave, absolument pas, mais j’ai eu peur pour le jeune homme qui a plongé sur la route, sa moto en accordéon. Je lui ai donné de l’alcool de menthe et il n’avait rien lui-même. Quant à sa moto, l’assurance s’en occupe. Chez nous : pare-chocs tordu, clignoteur cassé et aile avant un peu cabossée. Aucun dégât important et après 1 heure de perdue, nous avons continué rapidement comme si de rien n’était et malgré une circulation très très intense, pire qu’en août. J’aurai 7 ou 8000 Fr de réparation, plus tard, mais étant assuré tous risques, aucune importance. J’ai eu davantage peur pour le jeune homme, et tout ensuite s’est passé sans histoire. Nous l’avons ramené chez lui où il a dû se faire « engueuler » car la moto était à son frère. Je te raconterai cela plus en détail quand nous nous retrouverons.
À très bientôt petit poulet. Je monte au bureau voir ce qu’il y a de neuf et faire ma déclaration à l’assurance.
Courage encore et un gros bisou de
Georges

